L'approbation, la semaine dernière, par le Parlement chinois d'une résolution qui vise à imposer à Hong Kong une loi destinée à lutter contre les ingérences étrangères et les activités sécessionnistes, subversives et terroristes, signale le ras-le-bol du gouvernement chinois face aux manifestations de la population. Une reprise en main claire et nette qui a causé la stupeu...

L'approbation, la semaine dernière, par le Parlement chinois d'une résolution qui vise à imposer à Hong Kong une loi destinée à lutter contre les ingérences étrangères et les activités sécessionnistes, subversives et terroristes, signale le ras-le-bol du gouvernement chinois face aux manifestations de la population. Une reprise en main claire et nette qui a causé la stupeur dans l'ancienne colonie britannique mais aussi dans le monde. En particulier à Washington. Vu le contexte déjà tendu avec la Chine, l'administration Trump a fait savoir qu'elle ne considérait plus Hong Kong comme territoire relativement autonome de Pékin. En outre, le président américain menace clairement le gouvernement chinois de retirer formellement au territoire son statut spécial s'il persistait dans sa reprise en main. Globalement, ce serait une catastrophe pour la Chine. D'abord, les exportations de produits hongkongais seraient frappées des mêmes tarifs que leurs équivalents chinois. Le taux de change fixe entre les dollars américain et hongkongais disparaîtrait. De même que la fiscalité favorable ou l'importation de certains produits américains sensibles. Mais c'est au niveau financier que l'impact serait le plus grand. Le statut spécial a permis à Hong Kong de devenir l'un des grands centres financiers mondiaux, comme Londres ou New York. Sa Bourse perdrait clairement de son intérêt si les Etats-Unis menaçaient les pays et entreprises qui y feraient encore du business. Le territoire, en tant que centre financier, est crucial pour les banques chinoises qui y réalisent la plupart de leurs transactions internationales et y valident leurs prêts. Frapper Hong Kong, c'est entraver gravement les relations financières de Pékin avec le reste du monde. Sans oublier que le territoire est aussi crucial pour les entreprises chinoises en quête de contacts financiers étrangers.