Officiellement, le Brexit n'est pas en cause. Mais personne n'y croit. Honda va fermer en 2021 sa seule usine européenne, située à Swindon (sud de l'Angleterre) depuis 1985. Un véritable séisme puisque plus de 10.000 emplois sont ainsi menacés dont 3.500 directs. En 2018, Honda y a produit 160.000 véhicules, soit 10% de la production automobile britannique (1,52 million). Nonante pour cent...

Officiellement, le Brexit n'est pas en cause. Mais personne n'y croit. Honda va fermer en 2021 sa seule usine européenne, située à Swindon (sud de l'Angleterre) depuis 1985. Un véritable séisme puisque plus de 10.000 emplois sont ainsi menacés dont 3.500 directs. En 2018, Honda y a produit 160.000 véhicules, soit 10% de la production automobile britannique (1,52 million). Nonante pour cent de ces véhicules étaient destinés à l'export vers l'Union européenne. On voit donc mal comment le Brexit ne pourrait pas être une des raisons derrière ce départ. Honda compte relocaliser toute sa production européenne au Japon en 2021. Une décision aussi motivée par l'accord de libre-échange récemment signé avec l'UE qui va permettre, à terme, aux constructeurs japonais d'exporter vers les 27 sans devoir payer de droits de douane. Enfin, soyons de bon compte, le marché européen n'est plus très porteur pour Honda (3% de ses ventes annuelles). Cette décision fait suite à celles de Jaguar Land Rover de supprimer 10% de ses effectifs et de Nissan de ne plus produire son futur SUV outre-Manche. Des mauvaises nouvelles en cascade qui frappent un secteur riche en emplois (850.000) mais où les investissements ont été divisés par trois depuis l'annonce du Brexit. Tous les constructeurs présents au Royaume-Uni voient arriver le no deal d'un très mauvais oeil et semblent prêts à prendre des décisions drastiques. Une sortie britannique de l'UE sans accord introduirait, outre une dépréciation de la livre sterling, une taxe de 10% sur les véhicules importés ou exportés et de 3% minimum sur les composants. Un enjeu colossal quand on sait que 80% des véhicules produits outre-Manche sont destinés à l'export vers l'UE et que 85% des véhicules achetés sont d'origine européenne... Et on n'évoque même pas les soucis de logistique qui seraient liés au retour d'une frontière dure. Toyota, par exemple, n'a des stocks de pièces que pour quatre heures de production.