Pour raconter l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, par où commencer? Jusqu'où remonter? Ces questions de journaliste, on sent que Soren Seelow, spécialiste du terrorisme au journal Le Monde, se les est posées en scénariste, partant du néant de sidération dans lequel ces événements nous ont plongés pour donner ...

Pour raconter l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 22 mars 2016 à Bruxelles, par où commencer? Jusqu'où remonter? Ces questions de journaliste, on sent que Soren Seelow, spécialiste du terrorisme au journal Le Monde, se les est posées en scénariste, partant du néant de sidération dans lequel ces événements nous ont plongés pour donner à lire ce récit chronologique. La "cellule" qui donne son titre au livre, c'est celle formée par les terroristes des deux événements, dont Soren Seelow, aidé par Kévin Jackson, directeur d'études au Centre d'analyse du terrorisme en France, fait remonter le naissance et son premier projet à l'hiver 2014-2015, à Verviers. Il y aura aussi l'attentat déjoué du Thalys et, entre les deux, la mise en place d'une structure au service du désir obsédant de ces hommes de détruire des Occidentaux, des civils, le tout dissimulé derrière le paravent de l'idéologie. Abaaoud qui boit de la bière, Abrini se prenant en photo à Londres avec des mascottes déguisées... On n'est pas épargnés par les incohérences. Sous le dessin de Nicolas Otero, le visage des terroristes est toujours représenté de la même manière, à partir de l'unique photo que l'on connaît d'eux, mono-expression qui est peut-être le fruit du choix d'un artiste se refusant à humaniser ses personnages, mais qui provoque un effet comique curieusement dissonant. Complété par des passages consacrés à la police et aux médias, par des témoignages, le récit montre aussi comment les services de renseignements de différents pays ont travaillé ensemble, comment cette coopération a parfois fonctionné... Echouant toutefois à empêcher les morts, dont les noms sont énumérés à la fin de l'ouvrage.