Classique, Sokolov, né en 1950 à Leningrad l'est jusqu'au bout des ongles. Quoi qu'il n'est pas fréquent de croiser un pianiste de niveau international apprenant par coeur les horaires de trains et capable de monter et démonter, paraît-il, ...

Classique, Sokolov, né en 1950 à Leningrad l'est jusqu'au bout des ongles. Quoi qu'il n'est pas fréquent de croiser un pianiste de niveau international apprenant par coeur les horaires de trains et capable de monter et démonter, paraît-il, l'instrument qui l'a rendu célèbre. Facétieux, l'ancien élève des meilleures écoles soviétiques l'est également sur scène, où il ritualise entrées et sorties de plateau. Avec une maîtrise qui l'amène à donner son premier concert à l'âge de 12 ans et à décrocher, en 1966, la médaille d'or du Concours international de piano Tchaïkovski. Pendant un moment, cet interprète de Scriabine, Bach, Beethoven et Rachmaninov, souffrira de la politique de l'URSS, qui contrôlait les tournées à l'étranger de ses artistes, y compris dans les années 1980 lorsqu'elle eut la mauvaise idée d'occuper l'Afghanistan. Mais l'insolent talent de Solokov, en particulier sa manière de donner des coups de pédale au piano comme s'il était à l'orgue, en faisait une attraction précieuse. Qui encore aujourd'hui ne fait pas comme les autres : y compris ne rien révéler de son programme avant le jour-même du concert. Et encore.