C'est l'un des festivals nés d'un désir fort de donner la parole musicale à la langue française, qu'elle soit d'ici ou de partout ailleurs. Sans idolâtrer la francophonie par principe, plutôt en en débusquant les interprètes les plus inspirés, les plus originaux, parfois les plus novateurs. Ou piochant dans les déjà classiques. A cette dernière catégorie, on peut assurément associer les noms de Keren Ann et Bertrand Belin. La...

C'est l'un des festivals nés d'un désir fort de donner la parole musicale à la langue française, qu'elle soit d'ici ou de partout ailleurs. Sans idolâtrer la francophonie par principe, plutôt en en débusquant les interprètes les plus inspirés, les plus originaux, parfois les plus novateurs. Ou piochant dans les déjà classiques. A cette dernière catégorie, on peut assurément associer les noms de Keren Ann et Bertrand Belin. La première, née d'une identité plurielle (néerlandaise, israélienne, française), a sorti au printemps l'album Bleue où la finesse des compositions et de la voix définit une nouvelle fois la mélancolie contemporaine (le 5 octobre au 140). L'autre talent manifeste est celui de Belin, personnage atypique qui n'est pas sans rappeler le grand Bashung, référence involontaire mais quelque peu indépassable (le 7 octobre à La Madeleine). Moins connu mais en route pour la gloire - on le lui souhaite - le groupe liégeois Dalton Telegramme, qui change de paradigme avec son second album. Passant d'un répertoire country-folk à une chanson plus française, entraînée par une dérision salutaire à la Chamfort-Duvall (13 octobre au Botanique). D'autres noms de l'édition 2019 ont déjà un écho public, comme ceux d'Atome (12 octobre au Beurschouwburg), du rappeur Pitcho se produisant avec l'ensemble Musiques Nouvelles (4 octobre La Vénerie) et puis de Sapho, perpétuelle (re)visiteuse française des grands répertoires à la Barbara ou Oum Kalthoum (9 octobre à l'Espace Magh). Plus de festivals sans rap, et donc Francofaune programme Lord Gasmique, tenant supposé du renouveau belge (10 octobre à Recyclart) ou encore Odé, proche d'Odezenne, qui doit autant aux maxis du label électro Warp qu'aux tubes de Nougaro et d'Akhenaton (11 octobre à la Tour à plomb). Et puis, ceux qui n'ont froid ni aux yeux ni aux oreilles prendront le chemin du Brass forestois pour découvrir IH8 Camera, improbable collectif où l'on retrouve entre autres Teuk Henri (guitariste de Sharko) et l'Anversois Stef Kamil Carlens, sous la direction improvisée de l'inclassable Rudy Trouvé (9 octobre).