Il est rare qu'une expo soit aussi synchro avec les événements qui l'inspirent. Comme si l'art, pressé par l'urgence, se devait de trouver des expressions à l'immédiateté cruelle. Telle est en tout cas l'impression qui persiste après la visite d' How Will It End? , à la Fondation Boghossian...
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Il est rare qu'une expo soit aussi synchro avec les événements qui l'inspirent. Comme si l'art, pressé par l'urgence, se devait de trouver des expressions à l'immédiateté cruelle. Telle est en tout cas l'impression qui persiste après la visite d' How Will It End? , à la Fondation Boghossian... On sait combien le Liban compte pour le propriétaire des lieux, Arménien du Proche-Orient. Au lendemain de l'explosion qui ravagea le port et le centre de Beyrouth le 4 août 2020, sa famille avait d'ailleurs envoyé 400.000 dollars vers la ville dévastée, notamment pour aider les enfants à échapper à une totale misère. Avec la complicité d'Alicia Knock, conservatrice du Centre Pompidou et sous la direction de sa capitaine Louma Salamé, l'institution de l'avenue Roosevelt présente également depuis décembre les créations diverses et parfois très contrastées d'une bonne vingtaine d'artistes libanais. Certains d'entre eux ont aujourd'hui choisi l'exil, préférant délaisser un pays si compliqué et appauvri. D'autres, au contraire, ont décidé de retrouver le tumulte libanais, privilégiant toutefois la quiétude de la montagne du Chouf et d'autres coins campagnards du territoire. Un désir de quiétude que l'on retrouve par exemple dans les natures pas vraiment mortes de Chafa Ghaddar ou les paysages quasi-lunaires de Daniele Genadry. Installé dans l'entrée, le piano démembré de Cynthia Zaven amène, lui, l'idée d'un pays morcelé, divisé, incapable de retrouver une unité, qu'elle soit économique ou autre. Comme l'explique si bien notre guide du jour, la directrice de la communication Caroline Schuermans, l'exposition de la Fondation fréquente ce no man's land entre territoire national - autant géographique que culturel - et érosion de la confiance, que la catastrophe a fortement accélérée. A voir avant de commencer le parcours: les deux minutes de film signées par la start-up Iconem montrant l'étendue des dégâts au lendemain du 4 août 2020...