Nous avons longtemps été peu amateur de l'oeuvre de Jean- Michel Folon (1934-2005). On reconnaissait la sinuosité poétique de ses visuels et autres créations, par exemple le fameux générique de fin de soirée d'Antenne 2. On était conscient de sa réputation internationale, notamment en découvrant l'une de ses sculptures plantée dans un carrefour d'aéroport à Rome. Mais on vibrait moyennement à ses...

Nous avons longtemps été peu amateur de l'oeuvre de Jean- Michel Folon (1934-2005). On reconnaissait la sinuosité poétique de ses visuels et autres créations, par exemple le fameux générique de fin de soirée d'Antenne 2. On était conscient de sa réputation internationale, notamment en découvrant l'une de ses sculptures plantée dans un carrefour d'aéroport à Rome. Mais on vibrait moyennement à ses formes de naïveté plastique. Cet avis tranché a néanmoins changé il y a quelques années, après une première visite à la Fondation Folon, musée situé depuis 2000 dans le cadre privilégié du parc Solvay à La Hulpe. On y découvrait, dans une jolie scénographie tout en clair-obscur, l'oeuvre globale du rêveur belge. Et surtout, la collection de ses affiches réalisées depuis les années 1960. Notamment pour le prestigieux magazine The New Yorker. Ainsi cette édition du 6 décembre 1969, où un personnage typiquement "folonien" semble au bord d'un monde tutoyant l'infini. Ou cette autre création, toujours pour le même support médiatique, où un oiseau mis en paire avec un arbre menacé, appelle déjà à la vigilance environnementale! Un demi-siècle plus tard, dans l'actuel climat pour le moins anxiogène, l'expo Les affiches de Folon proposée par la Fondation fait du bien. On y (re)découvre tout l'imaginaire de l'artiste, comme ce premier poster réalisé pour un court métrage de Maurice Pialat en 1961, jusqu'à une dernière création à l'occasion d'une rétrospective qui lui sera consacrée à Florence en 2005. Prenant au mot la devise de l'architecte Mies van der Rohe, " less is more", Folon fait preuve ici d'un minimalisme fruité tout en multipliant les techniques : encres privilégiant les bleus et les oranges, aquarelles douces et expressions sérigraphiques. Le tout dessinant une singulière cohérence visuelle, avec des personnages et des signes d'emblée identifiables. Très agréable à l'oeil. Et à la réflexion.