Francis Blake

" Fais-moi aimer Charleroi ! ", sourit Francis Blake en regardant Thomas Dermine. Comme un défi lancé à celui qui, aujourd'hui, est à la tête d'un groupe de sept jeunes entrepreneurs qui ont décidé de consacrer trois ans de leur vie à cette ville wallonne. Et le mentor d'ajouter : " Mon père connaissait bien la région. Mais moi, un peu moins. Je trouve qu'il y a encore trop de clichés autour de Charleroi. Pas assez de médiatisation des projets de redressement qui, pourtant, fonctionnent très bien. Je suis très admiratif de voir que Thomas a choisi de laisser de côté pendant quelques années sa vie trépidante de Londres et la startup qu'il a créée pour se consacrer à sa ville natale. Ce n'est pas un choix de carrière facile. Je trouve cela très courageux ".
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" Fais-moi aimer Charleroi ! ", sourit Francis Blake en regardant Thomas Dermine. Comme un défi lancé à celui qui, aujourd'hui, est à la tête d'un groupe de sept jeunes entrepreneurs qui ont décidé de consacrer trois ans de leur vie à cette ville wallonne. Et le mentor d'ajouter : " Mon père connaissait bien la région. Mais moi, un peu moins. Je trouve qu'il y a encore trop de clichés autour de Charleroi. Pas assez de médiatisation des projets de redressement qui, pourtant, fonctionnent très bien. Je suis très admiratif de voir que Thomas a choisi de laisser de côté pendant quelques années sa vie trépidante de Londres et la startup qu'il a créée pour se consacrer à sa ville natale. Ce n'est pas un choix de carrière facile. Je trouve cela très courageux ". Et puisque Charleroi souffre encore d'un déficit d'image, le mentor et le jeune leader ont décidé d'être dans le concret et de proposer en juin prochain un grand événement autour des success stories carolos. " J'aimerais que ce rendez-vous sur lequel on planche avec Thomas soit une occasion unique pour les visiteurs de changer radicalement leur regard sur Charleroi. Qu'il y ait réellement pour eux un avant et un après. Cette ville, rappelons-le, faisait partie du top mondial des villes les plus industrialisées. Elle est en train de renaître. Et nous avons envie de dire à tous les Belges : venez voir ce qui est en train de se passer ici. " Un entrepreneuriat humaniste, voilà comment Francis Blake définit les entrepreneurs de demain. " C'est le trip de ces jeunes que de vouloir changer le monde. Si je ne contribue pas à quelque chose, je ne m'engage pas. Voilà ce que j'entends auprès d'eux. Ce positionnement peut avoir un impact important auprès du patronat plus classique, qui est déjà bien installé et qui est sensible à ces vibrations. Mon envie est d'intégrer dans ce projet autour de Charleroi les autres jeunes leaders que j'ai eu le plaisir de coacher via ce programme Lead-In. Me tourner vers l'action publique est quelque chose qui me parle beaucoup aujourd'hui. J'ai la chance, je peux le dire, d'avoir rencontré une Formule 1 en la personne de Thomas. Son parcours, pour son jeune âge, est impressionnant. Je vais apprendre beaucoup de cette aventure. " Le projet pour lequel s'est engagé ce diplômé de Harvard porte donc cinq lettres : CATCH pour Catalysts for Charleroi. Il s'agit d'un plan d'accélération économique décidé par le gouvernement wallon à la suite, notamment, de la fermeture de Caterpillar. " L'idée est de réellement travailler comme une start-up, indique Thomas Dermine. Je suis très admiratif d'entreprises familiales comme celle de Francis, qui ont su traverser le temps et réussir le pari difficile de la transmission. L'ancrage wallon et l'expérience américaine de Francis sont deux points que nous avons en commun. Il y a beaucoup de villes américaines qui connaissent la même dynamique économique que celle de Charleroi. Souvent, ce sont les artistes de ces villes qui prennent des risques et proposent des choses qui vont à contre-courant. L'objectif est de rallier les décideurs économiques à ces mouvements pour faire levier et assurer un réel renouveau ". Carolo pure souche, Thomas Dermine est passé par McKinsey avant de lancer une start-up à Londres, active dans le domaine des assurances collaboratives. Et puis, le choix du coeur : revenir sur ses terres natales ! Pour faire aimer Charleroi, où emmener Francis Blake ? " Je commencerais pas faire un tour à partir du bord de Sambre, dans le bas de la ville, pour aller vers Marchienne et se rendre compte que les industries étaient réellement en bordure de la ville. Ensuite, on prendrait le métro, sorte de petit train de mine de Disney, sourit-il, pour traverser les chancres et se rendre compte du travail considérable que représente la reconversion de ces sites. Je ferais aussi le tour des nouveaux lieux cultures alternatifs de la ville. Et enfin, grimper tout en haut d'un terril permet de voir la structure de la ville avec ce ring façon Mad Max et surtout, cela permet de se rendre compte que nous sommes aux portes de la nature. Aussi un des atouts de Charleroi. "