Le groupe biotech américain Gilead Sciences est spécialisé dans les maladies infectieuses. Le premier domaine dans lequel les Américains ont acquis le leadership est le virus HIV (sida). Grâce aux blockbusters Atripla et Truvada (traitements combinant plusieurs principes actifs), le chiffre d'affaires du groupe avait progressé à 8,1 milliards de dollars en 2011. À cette époque, Gilead se concentrait sur les affections du foie, lorsque, fin 2011, il eut l'excellente idée de racheter - pour 11 milliards de dollars - Pharmasset, le pionnier dans le développement de médicaments traitant et guérissant l'hépatite C causée par le virus HCV. Ses médicaments Sovaldi...

Le groupe biotech américain Gilead Sciences est spécialisé dans les maladies infectieuses. Le premier domaine dans lequel les Américains ont acquis le leadership est le virus HIV (sida). Grâce aux blockbusters Atripla et Truvada (traitements combinant plusieurs principes actifs), le chiffre d'affaires du groupe avait progressé à 8,1 milliards de dollars en 2011. À cette époque, Gilead se concentrait sur les affections du foie, lorsque, fin 2011, il eut l'excellente idée de racheter - pour 11 milliards de dollars - Pharmasset, le pionnier dans le développement de médicaments traitant et guérissant l'hépatite C causée par le virus HCV. Ses médicaments Sovaldi (lancé fin 2013), Harvoni (2014) et Epclusa (2016) se sont adjugé en 2015 19,1 milliards sur les 32,6 milliards de dollars de chiffre d'affaires (CA) qu'a dégagé le groupe. Mais l'an dernier, le CA du portefeuille de produits contre le HCV a reculé à 14,8 milliards de dollars (-22,5 %) et devrait, selon les prévisions de Gilead, n'être plus compris cette année qu'entre 8,5 et 9,5 milliards de dollars. Comme les patients atteints du HCV viennent à bout de la maladie sous l'effet de ces médicaments, le nombre de patients, de fait, diminue. En outre, parce que les prix étaient trop élevés et que la concurrence s'accroît dans le segment, une pression sur les prix s'est créée. Au niveau du groupe, au premier semestre, le repli du CA, de -12,4 %, à 13,6 milliards, est plus limité que l'an dernier, grâce à la croissance constante des ventes de la franchise HIV. Gilead a été longtemps un favori de la Bourse. Son cours a sextuplé entre début 2011 et juin 2015 (sommet historique à 123 dollars). En juin dernier, il s'est tassé, jusqu'à environ 65 dollars, malgré un programme de rachat d'actions propres. Depuis lors, le cours s'est redressé de plus de 25 %. Il est vrai que les chiffres semestriels ont rassuré. Mais surtout, Gilead s'est offert, pour 11,9 milliards de dollars, Kite Pharma. Cette entreprise américaine est l'une des pionnières des thérapies géniques contre le cancer, et plus particulièrement de la thérapie CAR-T, une technique révolutionnaire par laquelle les cellules immunitaires du patient sont reprogrammées pour attaquer les cellules cancéreuses. Fin novembre, Kite espère obtenir l'approbation de la FDA pour un premier médicament, axi-cel, destiné aux patients présentant des formes rares de cancer lymphatique. Cependant, quelques jours après l'annonce du rachat de Kite par Gilead, la FDA approuvait le premier produit CAR-T, en l'occurrence Kymriah de la société concurrente Novartis.Les analystes prévoient que Kite Pharma produira un milliard de dollars de CA d'ici 2020, qui se hisseront à 5 milliards en 2025. Nous avions démarré en février le suivi de Gilead Sciences avec un conseil d'achat. La reprise de Kite Pharma a donné lieu à un premier rallye. Une réédition du succès phénoménal que fut la reprise de Pharmasset est encore incertaine, mais elle n'est pas été intégrée dans le cours. La valorisation demeure très faible, à 9,3 fois le bénéfice escompté en 2017 et à une valeur d'entreprise (EV) de 6 fois le cash-flow opérationnel (EBITDA) attendu. Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 5 octobre Kite Pharma est une pionnière des thérapies géniques contre le cancer.