Brouillé avec les études d'ingénieur, Pascal Devalkeneer bifurque vers la restauration. La déjà exaltante Truffe Noire l'accueille une trentaine de mois. La cuisine de Roger Souvereyns (Scholteshof, à Steevoort), un deux étoiles de pointe, l'impressionne. En association avec Didier Plasch, il ouvre le Bistrot du Mail, future coqueluche du quartier Châtelain. Sept ans passent, il reprend le Chalet de la Forêt qui baille d'ennui sous les ramures....

Brouillé avec les études d'ingénieur, Pascal Devalkeneer bifurque vers la restauration. La déjà exaltante Truffe Noire l'accueille une trentaine de mois. La cuisine de Roger Souvereyns (Scholteshof, à Steevoort), un deux étoiles de pointe, l'impressionne. En association avec Didier Plasch, il ouvre le Bistrot du Mail, future coqueluche du quartier Châtelain. Sept ans passent, il reprend le Chalet de la Forêt qui baille d'ennui sous les ramures. Des travaux conséquents, un dépoussiérage bénéfique, les volumes séduisent. Le cadre est superbe. Terrasse, parking, jardin, potager écologique et ruches s'épanouissent. La cuisine se faufile aisément parmi le gratin de la gastronomie belge. Michelin réagit : ce sera une étoile en 2008 et la deuxième quatre ans plus tard. S'étant donné les moyens de ses ambitions, Pascal part du produit pour inspirer une palette précise et s'offrir du sur-mesure gourmand. Il est secondé par le Danois Kasper Kurdahl, un chef qui a butiné de par le monde. Le parfait de foie gras de canard est traversé d'une veine de mini morceaux de truffe. Des taches de mousseline truffée et des lamelles de coeur de canard le décorent. Une langoustine de Bretagne rôtie, oursin, petits pois, fèves des marais et jus vert sont tonifiés par un coulis de crustacé. Onctueux et goûteux. Encornet, brandade de morue, encre de seiche, huile de basilic, lait caillé ponctué de caviar, tout est dit sauf l'harmonie d'ensemble, le visuel blanc et noir et la sapidité. Présenté à table avant la découpe, le boeuf Holstein maturé 40 jours côtoie asperge croquante, morilles fraîches, sauce savoureuse et mirepoix de truffe. Surprise, voici un comté de quatre ans à déguster avec un verre de vin du Jura au " goût de jaune ". Un accord parfait. Pré-dessert et étonnante " variation chocolat et miel ". Beau choix de mignardises et gros éclat de chocolat du Venezuela 70 % aux sept céréales. A cet aperçu du menu sept services à 185 euros, ajoutez une formule à 145 euros (cinq). Lunch à 64 euros (trois).