Ce n'est pas à proprement parler une surprise : le nom de Sophie Wilmès circulait pour la succession de Charles Michel. Responsable du Budget fédéral depuis quatre ans, elle occupait en effet déjà un poste pivot entre les portefeuilles de ses collègues. Ceux-ci ont pu apprécier à la fois ses compétences techniques (elle est diplômée en gestion financière) et son souci constant de travailler en équipe, en cherchant à co...

Ce n'est pas à proprement parler une surprise : le nom de Sophie Wilmès circulait pour la succession de Charles Michel. Responsable du Budget fédéral depuis quatre ans, elle occupait en effet déjà un poste pivot entre les portefeuilles de ses collègues. Ceux-ci ont pu apprécier à la fois ses compétences techniques (elle est diplômée en gestion financière) et son souci constant de travailler en équipe, en cherchant à concilier les approches des uns et des autres. Et puis, cette élue de Rhode-Saint-Genèse s'exprime parfaitement en néerlandais, qualité plus que précieuse au " 16 ". Elle est même trilingue, puisqu'elle converse en anglais avec son Australien de mari ! Contrairement à Charles Michel qui a dû, dès le premier jour, batailler avec l'opposition et l'opinion publique pour tenter de justifier son choix d'une alliance avec la N-VA, Sophie Wilmès devrait, elle, bénéficier d'une sorte d'état de grâce en tant que première Première ministre de l'histoire du pays. Qu'elle le veuille ou non, la portée symbolique du moment dépasse sa personne et devrait gonfler la popularité de la Première ministre. Ce vent positif pourrait même rejaillir sur son parti, malmené depuis cinq ans et qui avait réalisé en mai l'un de ses plus mauvais scores (perte de six sièges à la Chambre et seulement troisième parti à Bruxelles). Le MR peut d'autant mieux tirer parti de la séquence que son élection présidentielle interne occulte médiatiquement les autres partis et fera en tout état de cause émerger une nouvelle tête et de nouvelles impulsions. Ajoutez à cela la disparition des Listes Destexhe et du Parti populaire à la droite du MR, et vous avez un parti qui ne devrait pas trop redouter la perspective d'élections fédérales anticipées. Cela pourrait faire réfléchir des préformateurs en panne d'inspiration...