La Bourse de Londres rêvait de frapper un grand coup face à ses concurrents new-yorkais et amstellodamois avec l'introduction en Bourse de Deliveroo, la plus importante depuis Glencore en 2011. Patatras, l'IPO de la plateforme de livraison de repas à domicile vire, pour l'instant, au fiasco. Deliveroo introduit 21,3% de son capital en Bourse avec un pri...

La Bourse de Londres rêvait de frapper un grand coup face à ses concurrents new-yorkais et amstellodamois avec l'introduction en Bourse de Deliveroo, la plus importante depuis Glencore en 2011. Patatras, l'IPO de la plateforme de livraison de repas à domicile vire, pour l'instant, au fiasco. Deliveroo introduit 21,3% de son capital en Bourse avec un prix dans la partie inférieure de la fourchette annoncée. Soit 3,90 livres par action. Ce qui valorise l'entreprise aux alentours des 7,6 milliards de livres (9 milliards d'euros). Cette IPO devait lui permettre de récupérer 1,5 milliard de livres via l'émission de nouvelles actions et la vente par des actionnaires existants d'une partie de leur part. Mais les investisseurs professionnels, qui avaient la primeur jusqu'au 7 avril, n'ont pas mordu à l'hameçon. Au terme de la première journée de cotation, le titre a dévissé de quasi 27% avec, à la clé, une perte de valorisation de près de 2 milliards de livres. Cette contre-performance est tout sauf sur une surprise au point qu'on se demande pourquoi Deliveroo a maintenu son IPO. Depuis quelques jours, les grandes sociétés de gestion d'actifs avaient prévenu qu'elles bouderaient l'introduction. Deux grands facteurs ont joué. D'une part, le choix de Will Shu, le fondateur et patron, d'opter pour le système de double classe d'actions lui permettant de garder le contrôle malgré la dilution. D'autre part, se pose aujourd'hui la viabilité du modèle économique de la plateforme. Malgré la pandémie et une forte croissance du secteur, Deliveroo n'est toujours pas rentable. Cette incertitude s'accompagne, depuis la condamnation d'Uber en Grande- Bretagne, du risque posé par la question du statut social de ses livreurs. Un statut contesté un peu partout en Europe.