On a tous en mémoire quelque chose de Louis de Funès de Galarza (1914-1983). Troisième enfant d'une famille castillane compliquée (son père fuit au Venezuela et fait croire à son suicide), Louis connaît des débuts professionnels également embrouillés. Exerçant sans fin de petits métiers et subissant autant de renvois, généralement liés au chahut et à l'indiscipline, ce fils de famille ...

On a tous en mémoire quelque chose de Louis de Funès de Galarza (1914-1983). Troisième enfant d'une famille castillane compliquée (son père fuit au Venezuela et fait croire à son suicide), Louis connaît des débuts professionnels également embrouillés. Exerçant sans fin de petits métiers et subissant autant de renvois, généralement liés au chahut et à l'indiscipline, ce fils de famille bourgeoise s'inscrit au fameux Cours Simon en 1942. Pianiste de bar tendance jazz, il débute dans l'après-guerre une modeste carrière au cinéma qui ne décolle véritablement que dans les années 1960, notamment avec Pouic-Pouic et Le Gendarme de Saint-Tropez. Préludes d'un parcours qui en fait bientôt, avec Bourvil et Fernandel, l'une des stars absolues du cinéma français. Son personnage colérique, grimaçant, de mauvaise foi, éventuellement odieux mais drôle, séduit le public,y compris international. Ses deux plus grands succès, La Grande Vadrouille et Le Corniaud font tournerla tête aux chiffres: respectivement 17 et 11 millionsd'entrées en France. Le Palace rend hommage à l'acteur de 140 films via près de 150 pièces diverses, présentant par exemple la voiture du Corniaud (photo du bas), le costume de Rabbi Jacob et celui, totalement absurde, de La Soupe aux Choux. Certes pas que des chefs-d'oeuvre mais beaucoup de moments de pure jouissance, surtout lorsque guidé par un bon scénario, ce petit monsieur d'un mètre soixante-quatre montait sur ses grands chevaux. Comment oublier les scènes entre Louis et Claude Rich dans le délicieux boulevardier Oscar ou le chef d'orchestre hystérico-boulimique de La Grande Vadrouille ? Au-delà des documents exposés, Le Palace se devait aussi de projeter des classiques, comme l'excellent La Traversée de Paris, ce 19 octobre, présenté par Joachim Lafosse alors que la veille, Jaco Van Dormael aura introduit le classique vadrouillant de Gérard Oury.