Via ses brillantes séries à la Bron, le cinéma danois se distingue par des acteurs impressionnants généralement jetés dans d'impitoyables scénarios où l'humain se trouve broyé par la machine familiale ou sociale. C'était déjà le profil du film de Thomas Vinterberg, Festen, adapté...

Via ses brillantes séries à la Bron, le cinéma danois se distingue par des acteurs impressionnants généralement jetés dans d'impitoyables scénarios où l'humain se trouve broyé par la machine familiale ou sociale. C'était déjà le profil du film de Thomas Vinterberg, Festen, adapté à la scène à l'automne dernier à Bruxelles. Avant que le Théâtre de Liège ne s'intéresse aujourd'hui à l'autre point majeur du manifeste danois, via ce Dogme 95 voulant briser les standards classiques du tournage cinématographique. Soit Breaking The Waves, Grand Prix à Cannes 1996, trois heures tumultueuses racontant les vicissitudes de Bess, ultra-religieuse et fragile, perdue dans une rédemption sexuelle supposée sauver un mari paralysé. L'adaptation proposée à Liège est un pari : comment mettre en scène théâtrale un tel désespoir, une telle transgression ? L'adaptation de Vivian Nielsen, originellement en anglais, est traduite en langue française dans une mise en scène de Myriam Muller. Celle-ci utilise toute la claustrophobie naturelle de la scène, nourrie d'images et de sons, pour conforter l'impression qu'il va falloir élargir l'espace, l'inventer, dans des relations qui dépassent les normes communément admises. Vu la force initiale du film, avec la formidable Emily Watson, le pari liégeois est d'envergure.