Du 25 juillet au 18 août 1990, quelque 18 représentations de Cyrano de Bergerac attiraient 14.000 spectateurs dans les plus fameuses ruines du Brabant wallon. Rassemblant pas moins de 37 comédiens, le casting comptait alors Gérald Marti dans le rôle principal - par la suite passé à la mise en scène - et un certain Angelo Bison, plus de deux décennies avant Ennemi public, la série télévisée de la RTBF qui assoira ...

Du 25 juillet au 18 août 1990, quelque 18 représentations de Cyrano de Bergerac attiraient 14.000 spectateurs dans les plus fameuses ruines du Brabant wallon. Rassemblant pas moins de 37 comédiens, le casting comptait alors Gérald Marti dans le rôle principal - par la suite passé à la mise en scène - et un certain Angelo Bison, plus de deux décennies avant Ennemi public, la série télévisée de la RTBF qui assoira sa popularité . Comme les autres productions montées à l'abbaye par Del Diffusion, ce spectacle défiait audacieusement l'éternelle incertitude de la météo belge mais cette fois via le classique d'Edmond Rostand, librement inspiré du parcours agité de Savinien de Cyrano de Bergerac, écrivain libertin mort en 1655 à l'âge de 36 ans. L'actuelle reprise de Cyrano à Villers-la-Ville s'inscrit évidemment dans le succès de la précédente version, il y a près de 30 ans, mais également dans un large renouveau d'intérêt pour l'oeuvre majeure de Rostand depuis les années 1970. En France mais aussi à l'étranger, les thèses, essais, biographies et représentations de Cyrano ont fleuri . Depuis sa première version scénique, le 28 décembre 1897 à Paris, le personnage est devenu, en matière de popularité théâtrale, une sorte de Don Quichotte ou d'Hamlet. A ceci près que la dextérité manifeste de la langue " rostandienne " - la pièce est écrite en vers - s'inspire d'une forme de romantisme mâtiné de commedia dell'arte où les chapeau, masque, cape et épée du personnage principal sont autant de signes d'un panache défendu ici dans des joutes verbales, là dans de vrais combats rapprochés. La version 2019 est signée du metteur en scène Thierry Debroux, qui a eu l'idée de proposer le rôle au long nez à Bernard Yerlès, comédien belge qu'il mit en scène au Théâtre du Parc. Surtout connu pour ses multiples apparitions dans des téléfilms et autres séries télévisées (même s'il a aussi tourné pour les cinéastes Chantal Akerman, André Delvaux et Jaco Van Dormael), l'homme devrait ramener du monde.