La première publication officielle des résultats trimestriels d'Uber après son entrée en Bourse n'a pas été très rassurante. La semaine passée, le géant de la mobilité a dévoilé de très lourdes pertes au deuxième trimestre 2019 : pas moins de 5,2 milliards de dollars (4,7 milliards d'euros). Bien sûr, ce montant gigantesque s'explique par les frais liés à son introduction en Bourse (3,9 milliards), mais elles sont supérieures au...

La première publication officielle des résultats trimestriels d'Uber après son entrée en Bourse n'a pas été très rassurante. La semaine passée, le géant de la mobilité a dévoilé de très lourdes pertes au deuxième trimestre 2019 : pas moins de 5,2 milliards de dollars (4,7 milliards d'euros). Bien sûr, ce montant gigantesque s'explique par les frais liés à son introduction en Bourse (3,9 milliards), mais elles sont supérieures aux attentes du marché. D'autant que si les activités de la société restent en augmentation, celle-ci s'avère moins forte que précédemment. Son chiffre d'affaires n'a crû " que " de 14% pour atteindre 3,17 milliards de dollars (sur un trimestre ! ). Or, les analystes tablaient plutôt sur 3,36 milliards. Et si sa division livraison de repas (Uber Eats) bondit de 72%, la croissance de son activité de base (le transport de personnes) n'a atteint que 2%. Pas étonnant que dans les échanges immédiats consécutifs à l'annonce des résultats d'Uber, les investisseurs se soient dès lors montrés frileux. Au moment de boucler ces lignes, le titre d'Uber perdait 11%. Mais Dara Khosrowshahi, le CEO, pouvait quand même s'appuyer sur les conditions du marché pour apporter un peu de baume au coeur des investisseurs. Lyft, son principal concurrent aux Etats-Unis et sur d'autres marchés, a fait état d'un " apaisement dans la guerre des prix " que se livrent les acteurs du secteur de la voiture avec chauffeur (VTC). Le grand défi d'Uber sera à présent d'afficher une meilleure croissance (il compte sans doute s'appuyer sur Uber Eats et ses vélo et trottinettes partagées Jump), ainsi que sur une amélioration de sa rentabilité (ou plutôt une diminution de ses pertes). En la matière, Uber a annoncé au début du mois d'août qu'il comptait se séparer de 600 personnes (une première pour la société ! ) dans ses services marketing. Nombreux sont les analystes et investisseurs qui doutent du modèle Uber. Les prochains trimestres leurs permettront sans doute de se forger davantage une conviction.