L'annonce de l'arrivée prochaine de plusieurs vaccins efficaces à plus de 90% redonne du tonus à tout le monde. Même s'il faudra attendre quelques mois encore avant de pouvoir profiter de cette avancée, l'information, capitale, montre que le Covid-19 n'est pas éternel.
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L'annonce de l'arrivée prochaine de plusieurs vaccins efficaces à plus de 90% redonne du tonus à tout le monde. Même s'il faudra attendre quelques mois encore avant de pouvoir profiter de cette avancée, l'information, capitale, montre que le Covid-19 n'est pas éternel. Marc Fiorentino, l'un des commentateurs que j'apprécie le plus du fait de son optimisme, le répète souvent: la question n'est pas tant de savoir quand nous sortirons de la crise sanitaire (réponse: tôt ou tard) que ce que nous aurons fait durant ces confinements. Nous serons-nous posé les bonnes questions à titre personnel? Aurons-nous profité de cette période pour acquérir de nouvelles compétences, changer d'attitude, être une meilleure version de nous-même? Quant aux patrons d'entreprises, du moins celles qui n'auront pas bu la tasse, auront-ils revu leurs pratiques, la manière dont ils gèrent leur société et leurs collaborateurs et celle dont ils abordent leur marché? Bien entendu, l'exercice est difficile, pénible même. Mais il est nécessaire car le monde a déjà changé. Voyez les compagnies aériennes low cost : en simplifiant, je dirais qu'aujourd'hui, le grand gagnant de la crise du secteur, c'est Ryanair, l'enseigne à bas coûts et à bas prix. On sait que, à la peine, les grands noms nationaux de type Air France ou Lufthansa ont dû être renfloués par leurs Etats. C'est-à-dire par les impôts des contribuables. Même les compagnies des pays du Golfe souffrent le martyre, alors que le bad boy Ryanair est assis sur une trésorerie de 4,5 milliards d'euros! Ce que je veux dire par là, c'est que désormais, les Etats vont être très regardants sur les aides apportées aux uns et aux autres. Ils voudront pouvoir justifier la moindre décision de dépenser de l'argent public au profit de ces compagnies. Il ne faudra pas s'étonner s'ils mettent la pression et les forcent à changer de modèle, à se rapprocher, par exemple, de la stratégie low cost en réduisant dans la foulée la qualité de leurs services. En d'autres termes, l'aérien traditionnel n'aura d'autre choix que de changer de modèle, donc de mentalité, car les voyages d'affaires vont être moins nombreux: les entreprises ont à l'évidence compris que la vidéoconférence remplace avantageusement les déplacements inutiles. Et comme le font remarquer mes confrères du site TourMaG, le business de l'aérien quitte l'ère du " toujours plus " pour entrer dans celle du " toujours moins " - moins loin, moins gros, moins coûteux, moins polluant. Pareilles remises en question s'appliquent à tout le monde et à tous les secteurs, sans exception. La rédaction de votre magazine économique se les pose également. Change the game, sa dernière campagne publicitaire, vise à inciter ses lecteurs à voir en chaque défi, chaque menace, une nouvelle opportunité. La crise sanitaire n'est pas pour rien dans cette mue éditoriale. En ces temps d'incertitude, Trends-Tendances souhaite répondre mieux encore à vos attentes. En un mot comme en cent, le Covid-19 nous force à réfléchir à ce que nous avons fait de nos facultés. C'est étonnant comme constat mais la pandémie, c'est aussi la redécouverte de la parabole des talents de la Bible. La question, lancinante, est celle-ci: qu'avons-nous fait de nos talents durant cette crise?