Le MEM (Museum of Erotics and Mythology) a ouvert ses portes en 2012 mais reste largement méconnu, y compris par les Bruxellois. Ce musée s'est installé dans une belle maison particulière d'une rue donnant sur le Grand Sablon. Donc dans un contexte davantage habitué aux traditionnelles antiquités qu'à leur v...

Le MEM (Museum of Erotics and Mythology) a ouvert ses portes en 2012 mais reste largement méconnu, y compris par les Bruxellois. Ce musée s'est installé dans une belle maison particulière d'une rue donnant sur le Grand Sablon. Donc dans un contexte davantage habitué aux traditionnelles antiquités qu'à leur version coquine. Soit deux niveaux assez densément habités par ce qui fut au départ la collection personnelle du docteur Guy Martens. Pendant plus d'un demi-siècle, cet amateur d'érotisme et de mythologie s'est lancé dans une quête sans fin: trouver dans l'histoire de l'art, au fil des siècles, l'expression du désir, du sexe et de l'amour. Plusieurs centaines d'objets de tout calibre se juxtaposent dans un décor de circonstance, donc plutôt intime. Le tout dans une variété de supports - peintures, sculptures, estampes - de différentes provenances géographiques comme culturelles. On remarque des boîtes en bronze, des écailles de tortue, des cannes travaillées ou encore des illustrations persanes assez éloignées de l'actuel intégrisme des mollahs iraniens. Alors au-delà de quelques oeuvres de belge obédience (les fantasmes de James Ensor), difficile de passer outre l'expression nippone. Celle qui bien avant L'Empire des sens, film sorti en 1976 et censuré dans de nombreux pays dont la Belgique, a construit tout un univers pictural et vestimentaire autour de l'érotisme, voire même de la pornographie. Façon de laisser dire à ce musée insolite qu'art et morale restent un couple aussi inattendu que prolifique.