Les marchés émergents ont enregistré une renaissance remarquable depuis le milieu de l'année dernière, un mouvement qui est appelé à se poursuivre selon les différents gestionnaires rencontrés ces dernières semaines. " La démographie continue d'évoluer favorablement, les taux d'épargne sont élevés, les gains de productivité restent importants et la bonne gouvernance continue de gagner du terrain. Enfin, cerise sur le gâteau, les valorisations sont attractives, souligne Jorry Rask Noddekaer, Head of Emerging Markets chez Nordea Asset Management et gestionnaire principal du fonds Nordea 1-Emerging Stars Equity. Je pense qu'il serait judicieux d'allouer actuellement une partie de son épargne vers les marchés émergents. "
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Les marchés émergents ont enregistré une renaissance remarquable depuis le milieu de l'année dernière, un mouvement qui est appelé à se poursuivre selon les différents gestionnaires rencontrés ces dernières semaines. " La démographie continue d'évoluer favorablement, les taux d'épargne sont élevés, les gains de productivité restent importants et la bonne gouvernance continue de gagner du terrain. Enfin, cerise sur le gâteau, les valorisations sont attractives, souligne Jorry Rask Noddekaer, Head of Emerging Markets chez Nordea Asset Management et gestionnaire principal du fonds Nordea 1-Emerging Stars Equity. Je pense qu'il serait judicieux d'allouer actuellement une partie de son épargne vers les marchés émergents. " Luke Richdale, directeur exécutif en charge des marchés émergents chez JPMorgan Asset Management, souligne pour sa part que les marchés émergents sont en train de sortir de la mauvaise passe traversée ces cinq dernières années. " La croissance économique est en train d'accélérer dans toutes les grandes régions, et le différentiel avec les pays développés est à nouveau en train d'augmenter, ce qui supporte l'intérêt des investisseurs pour ces marchés depuis quelques trimestres. Traditionnellement, le cycle haussier sur les marchés émergents dure en moyenne cinq ans. Il y a donc encore une marge d'amélioration". Les devises émergentes ont déjà largement intégré le renforcement du billet vert et le resserrement de la politique fiscale des Etats-Unis, et ce ne devrait désormais plus être un élément négatif. " Les pays émergents sont aujourd'hui nettement plus forts qu'en 2013, et la valorisation reste attractive avec une croissance qui restera supérieure ", souligne Robert Marshall-Lee, gestionnaire du fonds Newton Asian Income Fund. La conséquence de cette meilleure conjoncture est une accélération des révisions bénéficiaires, plus particulièrement dans les pays asiatiques, une région où la croissance attendue des résultats par action tourne autour de 25 % pour l'année en cours. Mais l'ensemble des pays émergents devrait enregistrer une tendance favorable dans le futur. " Nous nous attendons à une croissance des résultats par action de l'ordre de 11 % par an durant les cinq prochains exercices pour l'ensemble de ces pays, souligne Luke Richdale. Après avoir enregistré des révisions négatives pendant plusieurs années, la tendance est redevenue positive et plus soutenable depuis le milieu de l'année dernière, car elle n'est plus uniquement limitée aux secteurs liés aux matières premières. " " Nous nous attendons également à une forte amélioration des flux de liquidités disponibles, avec des dépenses d'investissement qui devraient rester sous pres sion en vue de corriger les surcapacités qui ont été constituées ces dernières années ", souligne Jorry Rask Noddekaer. Parmi les meilleurs fonds de sa catégorie, Nordea1 - Emerging Stars Equity est l'un des plus grands succès du gestionnaire nordique, avec des actifs sous gestion qui dépassent les 2,4 milliards de dollars et une performance annuelle proche de 10 % sur les cinq dernières années. Jorry Rask Noddekaer applique une méthode de sélection qui vise les sociétés qui sont en mesure de dégager une croissance des résultats supérieure aux attentes du marché. " Nous visons des sociétés qui prennent les bonnes décisions en matière d'allocation du capital ", explique-t-il. Il part du constat que les analystes boursiers ont généralement des difficultés à valoriser correctement les sociétés avec un niveau important d'endettement au bilan. " Pour notre part, nous évitons généralement ces grandes entreprises publiques fortement représentées dans les indices, pour nous concentrer sur des sociétés qui disposent d'un historique attractif en termes de rentabilité. Nous apprécions particulièrement les entreprises familiales qui sont en mesure de prendre des initiatives pour assurer la croissance du capital sur le long terme ", souligne Jorry Rask Noddekaer. Le portefeuille sera donc très marginalement exposé sur les valeurs financières, sur les télécoms ou sur les producteurs de matières premières. " Enfin, nous appliquons également un filtre sur la valorisation du titre, car nous préférons des sociétés dont les qualités ne sont pas encore reconnues par le marché, et nous n'investirons que si nous voyons un potentiel haussier d'au moins 50 % sur l'ensemble du cycle économique ", pour le gestionnaire de chez Nordea Asset Management. En outre, comme pour l'ensemble des fonds de Nordea 1, un filtre ESG est appliqué sur les différentes valeurs dans le portefeuille afin de privilégier les sociétés qui privilégient les bonnes pratiques au niveau environnemental et en matière de gouvernance d'entreprise. " Nous pensons que ces entreprises seront également celles qui afficheront les meilleures perspectives de croissance sur le long terme. Mais nous apprécions surtout celles qui s'engagent à s'améliorer leurs pratiques, car ce sont ces sociétés qui ont la plus forte marge d'amélioration. " Et de citer un groupe comme Samsung parmi ceux qui disposent d'un potentiel significatif sur base de cette analyse. " L'Asie est clairement la zone pour laquelle nous attendons la plus forte croissance des dividendes et des résultats pour les cinq prochaines années. Le dividende est généralement un signe de bonne discipline financière, souligne Robert Marshall-Lee. A ce titre, le paysage est beaucoup plus disparate que dans les pays occidentaux. Nous n'avons ainsi qu'une poignée d'entreprises russes sur lesquelles nous sommes à l'aise pour investir en termes de gouvernance. " Outre un rendement plus élevé que l'indice, Newton Asian Income Fund n'a aucune exposition sur les bancaires chinoises ou sur les entreprises contrôlées par les pouvoirs publics, et un taux de rotation annuel des actifs sous gestion qui se situe typiquement entre 20 et 25 %. Le gestionnaire du fonds Newton Asian Income Fund est particulièrement enthousiaste sur les actions indiennes, qui pèsent 30 % des actifs sous gestion. " L'Inde présente actuellement les meilleures perspectives de croissance, avec un gouvernement qui reste très populaire et que vise le long terme en favorisant l'émergence d'une économie plus formalisée et démonétisée. " En outre, il souligne que les résultats des entreprises indiennes devraient s'améliorer, avec un impact significatif sur le rendement futur. Il apprécie également les valeurs chinoises liées à la technologie et au développement du commerce sur Internet, qui représentent environ 20 % des actifs sous gestion. " La Chine est en train de monter un programme très ambitieux dans le domaine des voitures électriques et espère conquérir 20 à 30 % du marché d'ici quelques années. Nous ne pensons pas que le 19e congrès du Parti communiste chinois (qui se tiendra en novembre) va changer l'orientation d'un renforcement de la consommation intérieure. Je ne m'attends pas non plus à un écroulement du système bancaire, car le gouvernement dispose encore de nombreux leviers à activer pour solutionner le problème de l'endettement. " Chez JPMorgan Asset Management, l'accent est actuellement mis sur les entreprises qui devraient bénéficier du contexte actuel d'accélération de la croissance économique, à savoir les producteurs de matières premières, les actions faiblement valorisées et les valeurs financières. " Si les actions de croissance devaient continuer à bien se comporter, ce sont toutefois les stratégies value qui ont enregistré les meilleures performances durant les 12 derniers mois ", souligne Luke Richdale. Quant aux facteurs de risque potentiels, il estime ne pas être inquiet des velléités protectionnistes de Donald Trump en dépit des menaces qu'il profère ponctuellement, comme l'a récemment démontré sa rencontre avec le président chinois. " Et pour ce qui est de la Chine, nous nous attendons à un ralentissement de la croissance économique durant les prochains mois, à mesure que le programme de stimulation économique cessera de faire de l'effet. Pour autant, je ne crois pas qu'il y ait actuellement un risque sur ce pays car le système financier chinois reste encore très fermé. " Frédéric Dineur