Lancé comme un pop-up en 2017, Commotie est désormais installé dans une villa un peu excentrée de Gand. Si la façade est sans charme, une fois passé un couloir aux murs noirs, on tombe sur une salle lumineuse à la déco radicalement contemporaine, installée dans une structure cubique parfaitement intégrée au paysage. L'effet de transition est saisissant!
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Lancé comme un pop-up en 2017, Commotie est désormais installé dans une villa un peu excentrée de Gand. Si la façade est sans charme, une fois passé un couloir aux murs noirs, on tombe sur une salle lumineuse à la déco radicalement contemporaine, installée dans une structure cubique parfaitement intégrée au paysage. L'effet de transition est saisissant! Derrière un grand comptoir en bois, Thomas Gellynck, 27 ans, s'affaire déjà dans sa belle cuisine ouverte. Tandis que Lara De Vlieger, 29 ans, installe les clients en terrasse pour l'apéritif. Sommelière chevronnée - elle fera ce soir-là une sélection sans faute, entre Autriche, France, Catalogne et bière locale, tout le long du menu unique cinq services (62 euros + 36 euros pour les vins) -, elle prépare aussi d'excellents cocktails, avec ou sans alcool pour accompagner les petites bouchées de son compagnon. De celles-ci, on retient les charcuteries maison, mais aussi un joli chou-fleur de chez Dries Delanote (célèbre maraîcher installé au Monde des Mille Couleurs à Dikkebus, près d'Ypres) laqué au corail de Saint-Jacques pimenté. Une fois à table, le repas s'ouvre sur un rouleau de concombre à la langue fumée. Pas mal, mais le concombre prend un peu le dessus. Ce sera le seul petit bémol de la soirée. On retrouve les légumes de Dries, des asperges sauvages, avec une crème et des câpres d'ail des ours (pour la petite touche acidulée). Une très belle assiette parfaitement dans son époque! Tout comme ces petits couteaux, assaisonnés avec de la pancetta, du céleri fermenté et une béarnaise à l'aneth. Là encore, l'équilibre entre le gras et l'acide est parfait. Dans le même esprit, suit un beau morceau de loup de mer laqué au miso et au raifort, avec un poireau cuit au barbecue binchotan et un très malin beurre blanc au jus de rhubarbe. En dessert, une glace aux pousses de pin (cueillies dans le parc à côté) au buttermilk et une espuma de yaourt à la pistache concluent la soirée tout en légèreté. Formé à Coxyde et Namur, passé par le Volta à Gand, Thomas Gellynck s'inscrit dans la cuisine flamande contemporaine, mais il le fait avec une vraie personnalité et une touche de gourmandise. De quoi faire de Commotie l'un des nouveaux restos les plus enthousiasmants du nord du pays.