PETER DE CALUWE

" C'est auprès de Truze Lodder, du Nationale Opera d'Amsterdam où j'ai travaillé pendant 16 ans, que j'ai le plus appris. C'est une négociatrice très dure mais aussi très humaine et empathique. Avec ma persévérance naturelle, nous formions une combinaison des plus efficaces. Au niveau du management, Truze m'a également fait comprendre que la qualité du produit à vendre est une chose mais que la qualité de la fabrication - de votre entreprise - est tout aussi importante. Il s'agit de la manière de collaborer, du bien-être des travailleurs, de l'harmonie au sein de l'entreprise, de l'organisation. Bref, de tout ce qui touche les personnes qui font tourner la machine. "
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" C'est auprès de Truze Lodder, du Nationale Opera d'Amsterdam où j'ai travaillé pendant 16 ans, que j'ai le plus appris. C'est une négociatrice très dure mais aussi très humaine et empathique. Avec ma persévérance naturelle, nous formions une combinaison des plus efficaces. Au niveau du management, Truze m'a également fait comprendre que la qualité du produit à vendre est une chose mais que la qualité de la fabrication - de votre entreprise - est tout aussi importante. Il s'agit de la manière de collaborer, du bien-être des travailleurs, de l'harmonie au sein de l'entreprise, de l'organisation. Bref, de tout ce qui touche les personnes qui font tourner la machine. " " Comme nous faisons des prestations hors les murs, à Tour et Taxis (en raison de la rénovation de la Monnaie, Ndlr), nous comptons beaucoup plus les uns sur les autres. Nous vivons tous au même endroit, où il est pratiquement impossible de s'isoler. Cela a forgé des liens très étroits entre des groupes de collaborateurs qui normalement, ne se côtoient pas. L'aspect le plus positif est la flexibilité et l'envie de créer. Bien que nous soyons à l'extérieur et que d'aucuns considèrent notre saison comme étant un second choix, nous n'avons encore jamais travaillé à autant de nouvelles productions. La motivation des collaborateurs est plus forte que jamais. " " Je ne dois pas donner de directives d'une autre manière, mais il y a d'autres points auxquels il faut faire attention. Actuellement, les soucis concernent plutôt les revenus. On dépense autant, voire plus, car on ne joue pas dans notre propre théâtre ; mais il est difficile de convaincre les gens. Pour une partie du public, un chapiteau est et reste un pis-aller. Je me serais attendu à ce que les gens soient plus curieux et veuillent découvrir quelque chose de neuf, mais j'ai quelque peu sous-estimé l'a priori de cette partie du public. "" Une carrière, c'est un peu comme une promenade dans le palais de Versailles: c'est ce que j'ai retiré de mes conversations avec Peter de Caluwe. Vous voulez vous rendre d'une partie du palais à une autre, mais plusieurs chemins sont possibles. Le chemin que vous décidez d'emprunter a finalement assez peu d'importance, ce qui compte, c'est d'observer autour de vous quand vous traversez les pièces, de profiter de l'instant et de ne pas fermer les portes derrière vous. Autre élément qui m'a frappé : il n'y a pas de formule magique pour le leadership. Il s'agit davantage d'un processus par lequel on apprend à poser les bonnes questions. " " Je pense être un bon manager. Ce qui ne veut pas dire pour autant que je suis un bon leader. Accomplir une tâche ou terminer un job, c'est une chose, mais inspirer un groupe de gens pour qu'ils travaillent à un objectif commun, c'est une autre paire de manches. C'est de leadership qu'il s'agit alors. Ce qui marche très bien, c'est de faire en sorte que les membres de votre équipe se sentent responsables de quelque chose. Vous pouvez vous y prendre de plusieurs manières. En leur donnant des responsabilités, mais également en veillant à ce qu'ils trouvent l'objectif à atteindre inspirant. Vous êtes un bon leader si, en tant que tel, vous pouvez prendre vos distances et laisser les membres de l'équipe poursuivre le travail par eux-mêmes. " " On constate que les différences de leadership dépendent de la pression externe dans un secteur. En tant que consultant, je travaille pour différents secteurs. On constate que les secteurs plus traditionnels, qui font face à une moindre pression externe, présentent une manière de diriger également plus traditionnelle. C'était également le cas dans le secteur bancaire, mais on assiste aujourd'hui à un véritable bouleversement. Dans les secteurs qui doivent se développer en permanence et évoluer rapidement, il existe encore un autre type de leadership. Les entreprises de télécommunications, par exemple, sont devenues bien plus dynamiques. "Intéressé par le projet Young leaders/Inspiring mentors ? Inscrivez-vous au prochain cycle via info@lead-in.eu. TEXTE : BENNY DEBRUYNE / PHOTOS: DEBBY TERMONIA