Confier, sur la seule foi de sa particule, le commandement d'un navire à un émigré qui n'a plus navigué depuis plus de 20 ans et ne sait même pas lire une carte marine n'était sans doute pas la meilleure idée. Mais nous sommes en...

Confier, sur la seule foi de sa particule, le commandement d'un navire à un émigré qui n'a plus navigué depuis plus de 20 ans et ne sait même pas lire une carte marine n'était sans doute pas la meilleure idée. Mais nous sommes en 1816, et les nobles ont la cote, de sorte que le capitaine Hugues Duroy de Chaumarais peut développer son incompétence au point d'échouer son bateau. Avec armes et bagages, 150 personnes prennent place sur un gigantesque radeau de 140 m2. Ils ne seront plus que 15 au terme d'un calvaire immortalisé par Géricault mais bien en dessous d'une réalité que l'auteur, descendant d'un des survivants, décrit dans ce roman basé sur les rares sources fiables disponibles. On s'est beaucoup battu sur le radeau de La Méduse et malgré les cadavres jetés à la mer, ce récit reste extraordinairement vivant avec, in fine, une morale presque sauve. Jugé à huis clos, le capitaine couard écope de trois ans de prison qu'il effectuera malgré ses efforts pour y échapper. Il décédera 25 ans plus tard sans avoir retrouvé le droit de porter ses anciennes décorations. Olivier Merle, La Méduse, Editions de Fallois, 384 pages, 22 euros