En 2015, un nombre record de migrants cherchant à fuir la violence et la pauvreté sont entrés en Europe clandestinement. Cinq ans plus tard, le tableau sera très différent. Il est impossible de savoir combien de personnes émigreront en 2020, mais il est plus facile de prédire quels pays les accueilleront. Les Etats-Unis, l'Australie et des Etats membres de l'Union européenn...

En 2015, un nombre record de migrants cherchant à fuir la violence et la pauvreté sont entrés en Europe clandestinement. Cinq ans plus tard, le tableau sera très différent. Il est impossible de savoir combien de personnes émigreront en 2020, mais il est plus facile de prédire quels pays les accueilleront. Les Etats-Unis, l'Australie et des Etats membres de l'Union européenne ayant renforcé leurs frontières, le nombre de migrants qu'ils accepteront sera sensiblement plus réduit que celui des candidats à l'immigration. En revanche, des pays situés à la lisière du monde riche (comme l'Egypte et la Turquie) et d'autres, plus éloignés (comme le Bangladesh et la Colombie), en laisseront entrer davantage. Cependant, ce n'est pas parce qu'il y aura moins de migrants qu'on négligera de s'en préoccuper. Dans les pays riches, le financement des patrouilles frontalières augmentera, et plus encore les fonds octroyés pour empêcher les migrants de prendre la route. Ces cinq dernières années, l'Union européenne a annoncé des dépenses près de 50 fois plus importantes pour décourager les migrations en provenance de pays pauvres - par des aides, des emplois et des contrôles frontaliers - que pour surveiller ses propres frontières. Dans les années à venir, ces mesures vont s'amplifier et se multiplier. Les pays pauvres accepteront les fonds et les migrants, mais avec un malaise croissant, et ils seront confrontés aux mêmes tensions que celles qu'ont connues les pays riches. Les migrants deviendront la cible du mécontentement lié au chômage et au changement social. Les dirigeants de certains pays menaceront de les expulser, comme la Turquie l'a fait avec les réfugiés syriens. En 2020, le monde riche, en proie à une certaine " lassitude " vis-à-vis de la question de la migration, se tournera vers d'autres sujets, mais ailleurs, les tensions continueront à s'exacerber.