Le spectacle, passé au Théâtre des Martyrs à l'automne et maintenant à Mons, s'empare du répertoire de Brecht (1898-1956), dramaturge et poète, célébré par plusieurs générations d'interprètes. Dont les textes mis en musique ont été chantés par The Doors ou David Bowie, ce dernier ...

Le spectacle, passé au Théâtre des Martyrs à l'automne et maintenant à Mons, s'empare du répertoire de Brecht (1898-1956), dramaturge et poète, célébré par plusieurs générations d'interprètes. Dont les textes mis en musique ont été chantés par The Doors ou David Bowie, ce dernier lors d'une fameuse captation BBC de Baal au tout début des années 1980. On est toujours dans cette relation-là, celle où des musiciens contemporains restent visiblement fascinés par le travail de l'auteur allemand, talentueux dans ses projections théâtrales d'une société de la première moitié du 20e siècle. Celle-ci souffrait de maux qui rappellent les dysfonctionnements contemporains. D'où ce concert montois unique dans l'une des plus belles salles de Belgique - l'Arsonic - sous la bannière de l'Ensemble Musiques Nouvelles. Pas seulement puisqu'il y a aussi la chanteuse Delphine Gardin, entourée de sons à la fois acoustiques - les cuivres, le piano - et électroniques. Le tout, pulsé par la contrebasse matricielle de Jean-Louis Rassinfosse ( photo). Jazzman aux longues lettres de noblesse - il a entre autres joué avec Chet Baker et Philip Catherine -, il ancre parfaitement bien les textes et musiques à vocation politique de Brecht. Avec un groove qui dépasse, lui, toute notion idéologique, se mettant d'abord en tête de faire bouger corps et esprit.