On l'attendait, on la redoutait. La tempête boursière est là. La rapide remontée des taux obligataires américains en a été le déclencheur. En début de semaine, Wall Street a connu sa pire chute depuis l'été 2011, l'indice S&P 500 perdant plus de 4 % en une séance, entraînant dans son sillage les marchés européens et asiatiques. En tout, la correction a effacé les gains d'une dizaine de pour cent qui avaien...

On l'attendait, on la redoutait. La tempête boursière est là. La rapide remontée des taux obligataires américains en a été le déclencheur. En début de semaine, Wall Street a connu sa pire chute depuis l'été 2011, l'indice S&P 500 perdant plus de 4 % en une séance, entraînant dans son sillage les marchés européens et asiatiques. En tout, la correction a effacé les gains d'une dizaine de pour cent qui avaient été engrangés par les actions américaines et européennes depuis le début de l'année. En 2011, la chute avait été causée par la perte, par l'Etat américain, de sa note triple A. Aujourd'hui, c'est la remontée des taux obligataires qui est à l'origine de ce gros malaise. Chez nous par exemple, le rendement de l'OLO sur 10 ans a doublé, passant de 0,5 % mi-décembre à 1 % aujourd'hui. Les investisseurs, au vu de la bonne santé de l'économie américaine, et même mondiale, anticipent une reprise de l'inflation et une " normalisation " - autrement dit la poursuite du resserrement progressif des taux directeurs - de la politique monétaire, du moins aux Etats-Unis. Face à des obligations qui devraient afficher des taux plus élevés au cours des mois qui viennent, il est donc normal que la valeur des actions s'ajuste et que les grands investisseurs décident de " prendre leurs bénéfices ". Comme souvent, les mouvements ont été amplifiés par les " robots " à haute fréquence des traders dont les algorithmes ont accentué les turbulences sur les marchés. Le tout est de savoir si la brusque baisse des marchés boursiers mondiaux n'est qu'une correction passagère ou le début d'une crise plus profonde. Cette tempête boursière pose aussi d'autres questions, comme par exemple celle de l'opportunité de la mise en Bourse de Belfius, qui était initialement prévue pour le premier semestre de cette année. Attention aux turbulences. Pierre-Henri Thomas