En avril dernier, après d'intenses tractations menées entre autres par Nicolas Sarkozy, les actionnaires du groupe Lagardère (Arnaud Lagardère, Bernard Arnault via la Financière Agache, Vincent Bolloré via Vivendi, le fonds activiste britannique Amber Capital et le fonds souverain du Qatar) étaient parvenus à un accord global pour régl...

En avril dernier, après d'intenses tractations menées entre autres par Nicolas Sarkozy, les actionnaires du groupe Lagardère (Arnaud Lagardère, Bernard Arnault via la Financière Agache, Vincent Bolloré via Vivendi, le fonds activiste britannique Amber Capital et le fonds souverain du Qatar) étaient parvenus à un accord global pour régler la gouvernance, devenue intenable, du groupe Lagardère. Arnaud Lagardère avait accepté de laisser tomber la commandite qui lui permettait de garder le contrôle décisionnel malgré une part très minoritaire au capital. En échange de quoi, il restait CEO du groupe pendant encore six ans. Cinq mois plus tard, le beau château de cartes s'est déjà effondré. Bernard Arnault avait donné un signe avant-coureur: en transformant ses actions du holding personnel d'Arnaud Lagardère en actions du groupe, il ouvrait la porte de la vente de sa participation de 10%. La semaine dernière, c'est Amber Capital qui a proposé à Vivendi de racheter ses 18%. Opération acceptée par Vincent Bolloré qui se retrouve désormais avec 45% du capital et 36% des droits de vote, seuil qui l'oblige à déposer une offre publique d'achat sur le groupe Lagardère (Retail, Hachette, Europe 1, Paris-Match, etc.). Vivendi se donne jusqu'à la fin de l'année prochaine pour mener l'opération à bien. Plusieurs questions demeurent encore en suspens. D'abord, la part du capital que Vivendi va récolter. Ensuite la position de l'autorité de la concurrence face à la fusion entre Hachette et Editis, deux poids lourds hexagonaux de l'édition qui, ensemble, contrôlent en France 54% du marché du livre de poche, 50% de celui du tourisme, 63% des dictionnaires et 71% du parascolaire.