PostNL, qui était déjà aux prises avec un marché postal traditionnel moribond aux Pays-Bas, est pour le surplus confronté sur son marché à un durcissement de la réglementation par l'Autorité de protection des consommateurs et du marché néerlandaise (ACM). Celle-ci contraint PostNL à ouvrir son marché à d'autres sociétés à partir du 1er août, à des tarifs intéressants. Cette intervention coûtera à PostNL 30 à 50 millions d'euros par an, et probablement plutôt 50 que 30. Le groupe s'oppose à cette décision qui, à son estime, ne tient pas compte de la nouvelle réalité d'un marché postal en recul. Selon PostNL, cette mesure portera un coup dur au réseau postal néerlandais et impliquera un changement des conditions de travail. Le groupe espère que l'ACM reviendra sur sa décision.

Ce cadre législatif défavorable pèse hélas déjà sur les résultats. Après la publication des chiffres trimestriels début août, le cours de PostNL a reculé de 20 %. Cette année, le résultat opérationnel sous-jacent sera dans le bas de la fourchette des prévisions de 220 à 260 millions d'euros. Le recul du trafic postal traditionnel de 8 % et une concurrence acharnée sur les prix ont écrémé le bénéfice opérationnel de 37 millions d'euros au premier semestre dernier. Comme ses pairs, PostNL tente de compenser ce facteur par des réductions de coûts, ce qui ne lui réussit qu'en partie. Au premier semestre en effet, le bénéfice de la division postale a baissé de 92 à 73 millions d'euros. L'ambition du groupe est que cette activité " héritée " demeure une source durable de cash-flows.

La protection du bénéfice au niveau du groupe doit évidemment être assurée par le service des colis. Aux Pays-Bas, heureusement, l'e-commerce a plusieurs années d'avance sur la Belgique, par exemple, et la croissance demeure solide. L'e-commerce croît de 20 % par an dans le pays, ce qui se traduit par une croissance du trafic de colis de 15 %. Au premier semestre, PostNL a livré 17 % de colis supplémentaires, notamment grâce à la croissance sensible du marché belge. Le chiffre d'affaires (CA) de la division s'est accru de 13 % et la rentabilité sous-jacente est passée de 56 à 61 millions d'euros. À partir de cette année, PostNL dégagera davantage de bénéfices sur les colis que sur le trafic postal traditionnel. Le redressement du bénéfice des activités internationales se fait attendre, en revanche. La division réalise, sur un CA de 532 millions d'euros au premier semestre de cette année, un bénéfice opérationnel d'à peine 6 millions d'euros.

Pour autant, PostNL n'a pas revu ses ambitions. Au premier semestre, son bénéfice opérationnel s'est tassé de 9 %, mais à l'horizon 2020, la société table toujours sur un bénéfice opérationnel compris entre 310 et 380 millions d'euros. Pour cela, il faudrait que l'ACM revoie sa décision. PostNL a en outre toujours l'intention d'accroître son dividende dans les prochaines années.

Conclusion

Le groupe peine à maintenir sa rentabilité mais son action présente une valorisation intéressante, avec un C/B de 10 et une valeur d'entreprise qui représente 6 fois le cash-flow opérationnel. Contrairement à PostNL, le marché ne tient pas compte d'une possible amélioration de la rentabilité d'ici 2020. Par ailleurs, une éventuelle offre de rachat pourrait aussi soutenir le cours. Nous maintenons notre conseil d'achat.

Conseil : digne d'achat

Risque : élevé

Rating : 1C

Paru sur initiedelabourse.be le 20 septembre

L'action présente une valorisation intéressante.