" Il y a ici des femelles, il n'y a pas de femmes. Pas de galanterie. Pas de coquetterie. Pas de pudeur ! " Dans son pamphlet " Pauvre Belgique ! ", qui ne sera pas publié de son vivant, Charles Baudelaire (1821- 1867) assassine avec un plaisir non feint le p...

" Il y a ici des femelles, il n'y a pas de femmes. Pas de galanterie. Pas de coquetterie. Pas de pudeur ! " Dans son pamphlet " Pauvre Belgique ! ", qui ne sera pas publié de son vivant, Charles Baudelaire (1821- 1867) assassine avec un plaisir non feint le pays qui l'accueille pour un peu plus de deux années au printemps 1864. Poète en errance, endetté à Paris, il cherche à Bruxelles un nouveau souffle, y compris financier. Mais le succès y est plutôt tiède et Baudelaire jette une partie de sa frustration dans une anti-belgitude féroce. Partant du venin baudelairien, la Maison du Roi a imaginé une exposition qui propose aussi son antidote via 250 oeuvres montrant Bruxelles telle qu'elle l'était au XVIIIes. Des caricatures, peintures, gravures et photographies s'attardent sur la Senne, les églises, la religiosité et les institutions sous Léopold Ier. L'événement est accompagné de plusieurs conférences prometteuses telles que " Baudelaire à Bruxelles ", le 28 septembre, ou " Baudelaire et Rops ", le 25 janvier. Prouvant qu'au final, la " Pauvre Belgique ! " ne manque pas de dérision : imagine-t-on une expo parisienne autour d'un auteur belge moquant la France ? Jusqu'au 11 mars à la Maison du Roi, Grand-Place de Bruxelles, www.brusselscitymuseum.brussels Par Philippe Cornet