Qu'est-ce qu'on aime discuter avec Marc Detraux ! A la tête du Vino Vino, dans la rue des Brasseurs à Namur, le bonhomme sait parler de ses vins sans jamais se la jouer oenologue. Ses vignerons, il les connaît tous personnellement, voyageant beaucoup à leur rencontre. Quand il les défend, c'est avec le coeur, sans le blabla habituel sur le nature, la biodynamie. Un seul mot d'ordre chez lui : le bon.
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Qu'est-ce qu'on aime discuter avec Marc Detraux ! A la tête du Vino Vino, dans la rue des Brasseurs à Namur, le bonhomme sait parler de ses vins sans jamais se la jouer oenologue. Ses vignerons, il les connaît tous personnellement, voyageant beaucoup à leur rencontre. Quand il les défend, c'est avec le coeur, sans le blabla habituel sur le nature, la biodynamie. Un seul mot d'ordre chez lui : le bon. Dans son bar à vins, le sommelier, passé par quelques belles maisons, mise tout sur le plaisir et la convivialité. Ainsi, il incite ses clients à la curiosité, leur permettant par exemple de déboucher n'importe quelle bouteille, qui viendra ainsi étoffer la liste des vins au verre inscrite sur un tableau... Non content de rassasier les gosiers, Marc Detraux a aussi voulu un vrai bistrot, avec l'aide de Noé Pellet. Depuis trois ans, ce jeune chef de 25 ans passé par Le Chalet de la Forêt ou Bon Bon a fait de Vino Vino une valeur sûre à Namur. Adepte du tout fait maison et des produits locaux, il ne vise pas la haute gastronomie, mettant plutôt son savoir- faire au service de la gourmandise. Il fait ainsi son propre jambon(7 euros), à partir de cochons bios élevés par la boucherie Dochain à Lustin. Tandis que son plateau de fromages (13/19 euros) vient de l'excellent Maître Corbeau à Namur. A l'apéro, on peut aussi croquer ses goujonnettes de roussette en escabèche (7 euros) ou une belle tapenade de betterave (5 euros), provenant des Jardins d'Oo de Xavier Anciaux, qui fait du maraîchage à l'aide d'un cheval de trait à Noville-les-Bois. Côté plat, son ceviche de thon jaune de pêche de ligne (18 euros) est joliment présenté avec une mayonnaise au saté de Chine (mélange de piment, d'ail, de crevettes, de cacahuètes et de sésame). Mais on se régale surtout de son plat de carabineros (22 euros). Grillées entières à la salamandre, ces grosses crevettes s'accompagnent de lard confit, d'une purée de pomme de terre fumée à la sciure de hêtre, de quinoa soufflé, de légumes de saison et d'un jus de couenne de jambon de Kintoa AOC de Pierre Oteiza, dans le Béarn. Et s'il reste une petite place, même l' affogato à la glace aux amandes de Sicile et au granité café (8 euros) est un bonheur. Bref, Marc Detraux, aux flacons, et Noé Pellet, aux fourneaux, réussissent un quasi sans-faute ! On ne s'étonnera donc pas que la réservation soit plus que conseillée...