Léopold II se retourne t-il une nouvelle fois dans sa tombe? Et ce, dans la splendeur du Musée royal de l'Afrique centrale, rebaptisé Africa Museum depuis ses travaux de modernisation en 2018, avec de vastes jardins et des bâtiments d'une Belgique supposée glorieuse. Cela fait déjà un bail que la personnalité du second roi des Belges a été mise en cause pour les sévices infligés aux populations noire...

Léopold II se retourne t-il une nouvelle fois dans sa tombe? Et ce, dans la splendeur du Musée royal de l'Afrique centrale, rebaptisé Africa Museum depuis ses travaux de modernisation en 2018, avec de vastes jardins et des bâtiments d'une Belgique supposée glorieuse. Cela fait déjà un bail que la personnalité du second roi des Belges a été mise en cause pour les sévices infligés aux populations noires. Et que ressurgissent régulièrement les convulsions de notre histoire en Afrique centrale. L'expo Zoo humain, au temps des exhibitions coloniales montre donc l'histoire d'Africains - mais aussi d'Asiatiques et d'autres populations indigènes - présentées comme "des objets d'exposition vivants". Sous la curation de trois historiens et scientifiques (dont le Belgo- Congolais Mathieu Zana Etambala), le parcours démarre par un film français contemporain auquel on reste scotché. On y apprend que la tendance à présenter "l'exotisme" remonte à deux siècles et continue jusqu'à l'Expo universelle de Bruxelles de 1958. Entretemps, d'exhibitions privées (notamment via des imprésarios, l'Allemand Hagenbeck et l'Américain Barnum) en expos coloniales universelles comme celle d'Anvers en 1885, près de 800 millions d'Occidentaux vont venir observer "le bon sauvage". Parfois au sein de cirques, souvent dans des reconstitutions de villages supposés authentiques . Plus de 500 documents rassemblés à Tervueren attestent d'une mode malsaine où l'autre se regarde comme un animal en pseudo-liberté. Peu d'images filmées, pas mal de photos et un nombre impressionnant d'affiches très parlantes témoignent de la façon dont un racisme plus ou moins insidieux s'est immiscé dans les consciences d'Europe et d'Amérique du Nord. Belle idée que celle de mettre en bout de parcours des photographies contemporaines signées du Burundais Teddy Mazina où l'on voit des noirs appliquer des traitements dégradants à des blancs... comme ce que les coloniaux firent aux colonisés.