L'affaire semblait close depuis un an. Eh bien non, le dossier du camembert de Normandie d'appellation contrôlée revient sur la table, ou plutôt dans les boîtes aux lettres. Un député normand, Richard Ramos (Modem), a récemment distribué des camemberts artisanaux dans les bacs à courrie...

L'affaire semblait close depuis un an. Eh bien non, le dossier du camembert de Normandie d'appellation contrôlée revient sur la table, ou plutôt dans les boîtes aux lettres. Un député normand, Richard Ramos (Modem), a récemment distribué des camemberts artisanaux dans les bacs à courrier de ses collègues de l'Assemblée nationale, pour demander de surseoir aux changements qui vont toucher ce fromage à partir de 2021. Jusqu'à présent, ces camemberts d'appellation contrôlée doivent être fabriqués avec du lait cru, moulé à la louche, produit par des vaches normandes. Ils sont concurrencés par des camemberts sans AOP, affichant " fabriqué en Normandie ", à base de lait pasteurisé venant d'un peu partout. L'an dernier, l'Institut national des appellations contrôlées (INAO) a voulu mettre fin à une certaine confusion. Il a décidé que l'AOP pourra inclure des fromages au lait pasteurisé, du moment qu'au moins 30% du lait provient de Normandie. Une indication permettra d'identifier les fromages au lait cru des nouveaux venus. L'opération donne du galon aux fromages au lait pasteurisé du groupe Lactalis, qui produit le camembert Président. Lequel devra, à partir de 2021, contenir du lait normand. Notons que le nom " camembert " en tant que tel n'est pas protégé. Utilisé seul, il renvoie à un type de fromage qui peut être produit partout, même hors de France. Seule l'appellation contrôlée garantit une certaine localisation.