Amazon, le géant de l'e-commerce, préparerait un bracelet capable de déchiffrer nos émotions. Pour y arriver, il utiliserait sans doute un brevet dans lequel un logiciel vocal se servirait de l'analyse de notre voix pour déterminer notre humeur du moment. Autrement dit, ce logiciel permettrait de faire la différence entre la joie, la colère, la peine, la tristesse, la peur, le dégoût, l'ennui ou encore le stress.
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Amazon, le géant de l'e-commerce, préparerait un bracelet capable de déchiffrer nos émotions. Pour y arriver, il utiliserait sans doute un brevet dans lequel un logiciel vocal se servirait de l'analyse de notre voix pour déterminer notre humeur du moment. Autrement dit, ce logiciel permettrait de faire la différence entre la joie, la colère, la peine, la tristesse, la peur, le dégoût, l'ennui ou encore le stress. Vous aurez remarqué que j'ai chaque fois utilisé le conditionnel, parce que cette information n'a pas encore été confirmée officiellement par Amazon. Faut-il donc la balayer d'un revers de la main ? Non, car elle a été lâchée par l'agence d'information financière Bloomberg. Difficile de faire plus sérieux en matière de source. D'autant que Bloomberg se base sur un témoignage anonyme proche du dossier et sur plusieurs documents confidentiels. Selon cette agence, Amazon pourra donc bientôt savoir si nous sommes heureux ou tristes. Pour arriver à ce genre d'analyse intimiste, la société fondée par Jeff Bezos devrait nous proposer de porter à notre poignet un bracelet connecté directement à sa fameuse enceinte vocale Echo, qui trône déjà au milieu de millions de salons à travers le monde. Grâce à l'analyse du ton de notre voix, ce logiciel serait donc capable de deviner nos différentes émotions. Mais pour quel usage ? Là encore, pas de réponse officielle à ce sujet, selon mes confrères français des Echos. D'ailleurs, on ne sait même pas si ce bracelet sera commercialisé ou pas. Mais en toute logique, Amazon pourrait aussi, par ce biais, nous proposer des publicités ou des produits plus ciblés encore selon nos émotions du moment. Car il ne faut pas tourner autour du pot : même si rien n'est encore officiel, le ciblage publicitaire en fonction de nos émotions n'est déjà plus de la science-fiction. La preuve ? Google a déjà enregistré un brevet assez proche de celui d'Amazon et IBM travaille également avec ferveur sur le même sujet. Curieuse ironie : d'un côté, des géants de la technologie nous préparent un monde où même nos émotions ne nous appartiendront plus, s'enrichissant encore davantage en les décryptant. D'un autre, nous, simples bipèdes, continuons d'être totalement irrationnels et de nous chamailler. Voyez l'histoire grotesque du Brexit, paroxysme de cette bêtise humaine. Souvenez-vous, le 23 juin 2016, personne ne s'attendait à ce que les Britanniques votent pour sortir de l'Union européenne. Trois ans plus tard, personne n'aurait imaginé que non seulement ces mêmes Britanniques allaient voter aux élections européennes (paradoxe des paradoxes) mais qu'en plus, des eurodéputés pro-Brexit allaient débarquer en masse à Strasbourg ! Même un scénariste déluré n'aurait pas osé imaginer pareil scénario. Tout cela me fait penser au fameux proverbe chinois qui dit que lorsque le sage montre la Lune du doigt, l'idiot regarde le... doigt ! Ah oui, excusez-moi, j'allais oublier . Savez-vous que les actionnaires d'Amazon ont voté en faveur de l'utilisation d'outils de reconnaissance faciale par la police américaine ? L'outil a pourtant été jugé dangereux par plusieurs experts. Lors d'un test organisé par ces experts, cet outil de reconnaissance faciale - appartenant à Amazon - avait en effet incorrectement comparé 28 membres du Congrès à d'autres personnes arrêtées pour crime. Mais de cela, personne ou presque ne parle. Les unes des journaux restent accaparées par des mouvements populistes. Mais les vrais mouvements tectoniques, eux, passent sous le radar médiatique. Comme toujours.