Les choses s'accélèrent du côté de Bombardier, le fleuron de l'industrie québécoise. Dans la foulée de l'annonce de résultats financiers 2019 désastreux (perte de 1,6 milliard de dollars), le constructeur a annoncé la cession à Airbus du reliquat de ses parts dans l'A220. Avec la vente à Spirit AeroSystems, cet automne, de ses activités aéronautiques en Irlande du Nord, au Maroc ...

Les choses s'accélèrent du côté de Bombardier, le fleuron de l'industrie québécoise. Dans la foulée de l'annonce de résultats financiers 2019 désastreux (perte de 1,6 milliard de dollars), le constructeur a annoncé la cession à Airbus du reliquat de ses parts dans l'A220. Avec la vente à Spirit AeroSystems, cet automne, de ses activités aéronautiques en Irlande du Nord, au Maroc et à Dallas pour plus d'un milliard de dollars, Bombardier ne garderait que sa division la plus profitable, celle des avions d'affaires (Learjet, Challenger, Global). Car le groupe se sépare aussi de sa branche transport. Lundi soir, il est tombé d'accord avec Alstom et la Caisse de dépôt du Québec (actionnaire à 32% de Bombardier) pour un rachat total par le constructeur ferroviaire français. La transaction, évaluée entre 5,8 et 6,2 milliards d'euros, se fera pour partie en numéraire, pour partie en actions Alstom nouvellement émises. Au terme de l'opération prévue pour la fin du premier trimestre 2021, la Caisse de dépôt du Québec possèdera 18 % du nouvel ensemble et Bouygues y verra sa participation glisser de 15 à 10 %. Après l'échec de son rapprochement avec Siemens, recalé par la Commission européenne, ce rachat met du baume au coeur des dirigeants français et fait sens alors que CRRC, le constructeur chinois, vient de prendre pied en Europe et fait figure d'épouvantail. Il va de soi qu'ici aussi, l'offre de rachat d'Alstom devra recevoir un feu vert européen. Et ce n'est pas gagné. En effet, Bombardier Transport, basé à Berlin, réalise la plupart de ses activités en France et en Allemagne et dispose d'un carnet de commandes bien rempli (35,8 milliards de dollars dont près de la moitié dans le matériel roulant). Le rapprochement avec Alstom donnera naissance à un géant ferroviaire européen (76.550 salariés, chiffre d'affaires estimé à 15,5 milliards de dollars, près de 75 milliards de commandes).