Alors qu'Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, s'en prenait à nouveau en début de semaine à la plateforme de location de logements touristiques entre particuliers, demandant au gouvernement de lui donner "la possibilité d'agir et d'aller, pourquoi pas, jusqu'à l'interdiction d'Airbnb dans certains quartiers", l'entreprise californienne annonçait, quelques jours auparavant, son intention de poser en 2020 ses valises en Bourse.

La licorne américaine dit avoir enregistré un chiffre d'affaires de plus d'1 milliard de dollars au deuxième trimestre 2019, et ce pour la deuxième fois depuis sa création en 2008, peu après la crise financière. L'entreprise ne donne cependant aucune information sur un éventuel bénéfice, même si l'agence Bloomberg avait rapporté en début d'année qu'Airbnb avait affiché un bénéfice d'exploitation avant intérêts, impôts et amortissements, en 2017 et 2018.

On peut dire que le contexte de cette arrivée prochaine d'Airbnb sur les marchés se révèle compliqué. De grandes plateformes de l'économie dite collaborative ont en effet subi plusieurs revers ces derniers temps, les investisseurs s'interrogeant sur le modèle économique de ces entreprises qui alignent les pertes depuis leur création sans parvenir à convaincre qu'elles peuvent gagner de l'argent malgré des investissements importants.

Ainsi, WeWork, active dans les bureaux partagés, annonçait la semaine dernière qu'elle repoussait son entrée à Wall Street d'ici à la fin de l'année. Il faut dire que sa valeur avait chuté de plus de moitié en l'espace de quelques mois. Lyft et Uber, de leur côté, ont fait leur entrée en Bourse respectivement en mars et mai dernier. Mais depuis, les deux spécialistes de la réservation de voitures avec chauffeur ont vu leur action dégringoler d'environ 24%.

1 milliard de dollars

Le chiffre d'affaires qu'Airbnb affirme avoir enregistré au deuxième trimestre de l'année.