Quand une start-up découle d'un hobby

Après de nombreuses années de canoë sur les eaux gantoises, Otto Van De Steene et Thomas Weyn étaient prêts pour un nouveau défi. " Nous voulions explorer d'autres endroits, confie Thomas Weyn. Mais un canoë classique pèse lourd, prend beaucoup de place et est difficile à transporter. Otto Van De Steene, le product designer, et Thomas Weyn, l'ingénieur, se sont mis au travail. "L'idée de départ était de construire un canoë pour notre usage personnel. Mais au vu de la multitude de réactions positives, nous avons commencé à penser à la commercialisation de notre canoë." La SPRL Onak a été fondée en avril 2015. Grâce à la plateforme Kickstarter, Onak a vendu environ 270 bateaux en 2016 et a enregistré un chiffre d'affaires d'environ 400.000 euros. L'année 2017 a été marquée par la construction de l'unité de production dans la zone industrielle de Nederzwijnaarde. En 2018, Onak a levé 1 million d'euros. L'incubateur de start-up The CoFoundry et les fonds d'investissement social De Punt et Trividend, entre autres, ont souscrit à l'augmentation de capital. Onak travaille avec quatre employés fixes et plusieurs indépendants. Pour la production, elle fait appel à Ryhove, une ASBL qui propose des emplois sur mesure pour les personnes souffrant d'un handicap.

La conception - Les premiers croquis du canoë datent de novembre 2013. Les exigences " simple à monter " et " facile à transporter " figuraient tout en haut de la liste des impératifs à respecter qu'ont établie ses inventeurs Otto Van De Steene et Thomas Weyn. Ces derniers ont finalement développé un canoë pliable en matériau composite. " Il va de soi qu'un canoë doit être assez solide et nous ne voulions pas faire de concessions quant à la qualité de navigation, explique Thomas Weyn, CEO d'Onak. Les canoës gonflables aussi sont faciles à transporter, mais le confort de navigation n'est pas au rendez-vous. Ils vous font perdre beaucoup d'énergie dans l'eau. " © Wouter Rawoens
Le prototype - Les premiers croquis ont permis de créer un modèle papier sur lequel le patron de pliage a été détaillé et fixé. " L'étape suivante consiste à fabriquer un prototype, explique Thomas Weyn. Pour ce faire, nous utilisons une machine CNC, à commande numérique, qui trace les lignes de pliage de façon contrôlée par ordinateur. Nous avons développé à cet effet notre propre technologie brevetée, qui nous permet d'apposer les lignes de pliage grâce à la chaleur et à la pression. "
Solidité et légèreté - Le matériau de base d'un canoë Onak est une plaque de polypropylène de 5,25 m sur 1,35 m. " Il s'agit de polypropylène auto-renforcé, explique Thomas Weyn. Du polypropylène traité mécaniquement dont toutes les fibres sont étirées en une sorte de bande que l'on peut ensuite tisser. Il en résulte un matériau avec une résistance aux chocs beaucoup plus élevée. C'est important pour un canoë, car une collision avec une pierre pointue est vite arrivée. " Une plaque fait 8 mm d'épaisseur et se compose de trois couches. L'intérieur a une structure en nid d'abeille. Cela préserve la structure et le volume de la plaque. Le polypropylène traité est laminé sur les deux faces. © Wouter Rawoens
Presse à découper - La machine la plus imposante du hall de production d'Onak est la presse à découper. Au coeur de ce mastodonte de 6 m sur 30 m, on trouve une matrice en aluminium qui façonne les lignes de pliage dans les plaques de plastique. A la sortie de la presse, les bords superflus sont automatiquement découpés. © Wouter Rawoens
Replier et remplir - L'Onak est à la fois un canoë et une boîte de transport. " En plus des lignes de pliage qui forment le bateau, nous prévoyons également des lignes de pliage transversales, explique Thomas Weyn. Ce sont les lignes de pliage qui servent à former la boîte. Après avoir replié le canoë, vous posez les couvercles sur la boîte et vous pouvez y ranger toutes sortes de choses _ les bords en aluminium, les sièges, les sangles, les roues qui vont sous la boîte et éventuellement les pagaies. " Pour éviter tout dommage pendant le transport, le canoë/boîte est protégé par un emballage en carton. © Wouter Rawoens
Vente en ligne - La grande majorité des ventes se fait via la boutique en ligne. " Mais nous avons l'intention de booster les ventes dans le réseau de vente au détail classique, explique Thomas Weyn. Avec la nouvelle version de l'Onak que nous avons lancée en avril, nous devrions y parvenir. Certains acheteurs estimaient que la première utilisation était encore un peu complexe. Nous avons travaillé là-dessus. Grâce à la plus grande facilité d'utilisation, nous trouverons plus facilement notre place dans les chaînes de magasins. Nous négocions actuellement avec Globetrotter, une grande chaîne allemande de magasins de sports de plein air. " © Wouter Rawoens