Mercredi 2 octobre, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a donné raison aux Etats-Unis dans le conflit qui l'oppose depuis plus de 15 ans à l'Union européenne à propos des subventions accordées à Airbus. L'OMC autorise les USA à taxer annuellement 7,5 milliards de dollars de produits européens. Triomphant, Donald Trump n'a pas attendu pour laisser cours à sa rage taxatoire. Dès le 18 octobre, une série de taxes entreront en vigueur : soit 10% sur les avions européens et 25% sur les autres produits. Parmi ces derniers, sont principalement visés des produits issus de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni et d'Espagne, soit les quatre pays à l'origine des fameuses subventions. On y retrouve le vin et les fromages français mais aussi le whisky irlandais et écossais, les olives, l'huile d'olive, le beurre, les biscuits, le porc (notamment ibérique), les pulls en laine, le cheddar, le gouda, l'édam, etc. La Belgique est relativement épargnée puisqu'elle n'exporte plus de porc vers les Etats-Unis depuis presque 20 ans. Par contre, selon Fevia, les produits alimentaires belges vont être taxés à une hauteur estimée à 3 millions d'euros. Quant à la taxe sur les avions, elle est circonscrite aux appareils de plus de 30 tonnes. Une limite qui s'explique par la présence en Alabama, un Etat pro-Trump, d'une usine d'assemblage de l'A320. Les sous-ensembles envoyés depuis l'Europe échapperont donc aux taxes. Ce qui ne sera pas le cas des A330 et A350 ni des A320 assemblés en Europe.

L'Europe ne va évidemment pas se laisser faire. Elle prône un dialogue mais les négociations sont au point mort. L'Union européenne peut aisément taxer les Etats-Unis en retour pour un montant de 4 milliards de dollars en vertu de décisions de l'OMC jamais appliquées. Mais l'arme fatale arrivera le printemps prochain. L'OMC doit, en effet, rendre son verdict à propos des subventions américaines à Boeing. Et on subodore une sanction plus lourde encore.