Aux Editions CBC, vous publiez un livre de témoignages et photos dédié au dernier cinéma de Bruxelles projetant des films pornos en 35 mm.
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Aux Editions CBC, vous publiez un livre de témoignages et photos dédié au dernier cinéma de Bruxelles projetant des films pornos en 35 mm. Oui, L'ABC, boulevard Adolph Max, à deux pas de la place Rogier. Il a fonctionné de 1972 à 2013, date de sa fermeture définitive. Je l'ai fréquenté et j'ai eu l'occasion de visiter le bâtiment où, dans chaque pièce, étaient entassées des tonnes de documents et des centaines de bobines de films. Cela m'a complètement fasciné et j'ai d'emblée pensé à en faire un livre. C'était vers 2008 mais, alors, personne ne voulait parler. Et surtout pas le patron, George Albert Scott. Personnage digne d'un roman de John le Carré ! Oui, né en URSS en 1917, devenu citoyen américain, ayant fait la guerre comme G.I. et installé à Bruxelles en 1948. L'Orson Welles du porno... Refusant toute interview ou médiatisation, il avait aussi fondé une société de production, Atlantic Films, une autre de distribution et puis des sociétés écrans pour éviter la censure. Vous avez consacré des livres au catch, notamment mexicain - d'où votre photo. Qu'est-ce qui vous attire dans cette histoire d'ABC ? J'ai un goût pour ce que l'on nomme le cinéma d'exploitation qui a donné des sous-genres comme la " sexploitation ", la " blaxploitation " et même la " nazisploitation ". Ce sont des films à petit budget par exemple sur les bikers, les délinquants, les strip-teaseuses, etc. Ils étaient lancés comme des ballons d'essai et s'ils s'avéraient rentables, les producteurs usaient le filon jusqu'à la moelle.