Comment en êtes-vous arrivé à concevoir un festival qui s'appuie sur la philosophie ?
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Comment en êtes-vous arrivé à concevoir un festival qui s'appuie sur la philosophie ? Via deux rencontres : celle avec l'échevin de la culture de Tournai m'interpellant sur mon envie de créer un festival - et là, je pense philosophie - suivie d'une discussion avec le député provincial Serge Hustache, qui rêvait d'un événement baroque. Je me suis dit qu'un festival de philo et de musique, cela n'existait pas ! J'ai téléphoné à mon ami Michel Serres, qui s'est enthousiasmé à cette idée et a accepté de participer à une première édition en 2011. Quels sont les plaisirs du festival ? On est dans la culture du divertissement : ni conférences ni prises de tête ! Tout est basé sur le spectacle, mais avec une programmation à deux niveaux : celle de la " pop philosophie " comme la soirée d'ouverture sur le rock'n'roll, et puis des propositions, que je n'ose pas qualifier de pointues, sur les grandes questions et les textes. Un comédien lit l'équivalent d'une page puis un philosophe dialogue avec le public, qui nous surprend constamment par la qualité de ses réponses. C'est un festival à risque. Cette année, par exemple, nous avons a un grand spectacle sur les amitiés/inimitiés de Wagner et Nietzsche mené par Alain Badiou avec 70 musiciens sur scène. Toujours dans des lieux rares ou inusités ? Oui, on n'est dans aucune salle de spectacle classique, uniquement dans des lieux patrimoniaux de Tournai comme la cathédrale qui sera vidée intégralement, la Halle aux draps ou le Jardin de l'évêché.