Au Théâtre National, vous mettez en scène " La Reine Lear ", adaptation féministre du "Roi Lear"...
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Au Théâtre National, vous mettez en scène " La Reine Lear ", adaptation féministre du "Roi Lear"... C'est l'idée de l'écrivain Tom Lanoye qui, au départ, a écrit la pièce pour une actrice néerlandaise qui mettait un terme à sa carrière. Il a pris une figure importante du répertoire mondial, " Le Roi Lear " de Shakespeare, et a trouvé intéressant de questionner le pouvoir au féminin. Tom a déjà écrit plusieurs grands rôles pour les femmes. Il s'agit de votre seconde collaboration avec Tom Lanoye, quelles sont vos affinités ? Tom est quelqu'un de simple, au bon sens du terme. Il n'impose rien dans ses rapports et demande une seule chose : être surpris. C'est quelqu'un de chaleureux, de bienveillant qui aime que son écriture soit transfigurée. Vous transposez la pièce dans la haute finance internationale : pas de risque de tomber dans les clichés ? Le piège serait de tomber dans une sorte de téléfilm théâtral mais la réponse est dans le langage : partir de la toile de fond, la crise de 2008, y rajouter la crise climatique et se retrouver dans un monde où tout fout le camp. Tom Lanoye se sert de ces clichés-là et se souvient de ce que Shakespeare employait dans son histoire de monarque impuissant qui commet l'erreur de vouloir partager son royaume. C'est écrit en néerlandais, et puis transposé en français, mais en gardant un aspect très direct, assez proche finalement du théâtre élisabéthain de Shakespeare.