"L'accent sera-t-il mis sur d'autres priorités ?" s'interroge Hans Maertens, tout en soulignant que ce gouvernement et le suivant ne peuvent pas revenir sur la politique favorable aux entreprises.

Le gouvernement Michel II accomplira-t-il encore quelque chose sur le plan socioéconomique ? Avec le budget, le jobs deal, le budget mobilité et les métiers pénibles, il reste du pain sur la planche.

HANS MAERTENS : "Ces dernières semaines, le Voka a plaidé à plusieurs reprises pour que tous ces dossiers soient bouclés avant le scrutin du 26 mai prochain. Entre-temps, la situation a changé. Il y a un nouveau gouvernement, mais nous aimerions savoir quelles mesures socioéconomiques figureront dans la déclaration gouvernementale. Des priorités sont passées au premier plan, comme le pouvoir d'achat et le climat. L'accent sera-t-il mis sur d'autres points ? Le nouveau gouvernement maintiendra-t-il le cap ? Nous devrions recevoir une réponse claire à ces questions dans les prochains jours, quand le Premier ministre Charles Michel présentera sa déclaration à la Chambre."

Certains dossiers sont-ils plus pressants que d'autres ?

HM : "Le budget 2019 est arrêté. Les principes du deal pour l'emploi sont clairs. Dans ce contexte, les décisions ont été prises et doivent être mis en oeuvre. Je pense en outre à un certain nombre de dossiers urgents, comme un éventuel Brexit sans accord. Y sommes-nous préparés ? Idem pour le risque de pénurie d'électricité. Toutefois, les dossiers sont souvent liés les uns aux autres et tous les problèmes sont traités dans un seul et grand accord. J'ignore si cela sera aussi évident maintenant."

Que penser du signal de la N-VA, qui a annoncé qu'elle ne bloquerait pas les dossiers socioéconomiques mais qu'elle voterait loyalement ?

HM : "Les mots de l'ancien vice-Premier ministre Jan Jambon (N-VA) à ce sujet sont clairs. Mais cela reste à voir car les déclarations se succèdent à un rythme effréné."

Le Voka a-t-il fait du lobbying ou exercé une pression sur la N-VA et le gouvernement pour que l'accent reste mis sur les dossiers socioéconomiques comme le prétend la presse francophone ?

HM : "La presse francophone connaît manifestement beaucoup mieux que nous les relations du Voka avec le monde politique. Le Voka a des contacts formels et informels avec tous les partis du gouvernement. Pendant trois jours la semaine dernière, j'ai insisté dans la presse sur le fait que la politique socioéconomique ne doit pas être paralysée."

Ne devrions-nous pas déjà penser à 2019 et envisager que la formation d'un gouvernement risque de prendre du temps ? Et éventuellement renoncer à une nouvelle tentative de politique de relance qui nécessite de rouvrir la boîte de Pandore qu'est la fiscalité ?

HM : "C'est l'une de nos préoccupations. Mais quoi qu'il en soit, 2019 ne doit pas être une année perdue. Et je ne parle pas uniquement du gouvernement Michel II, mais aussi de l'équipe qui prendra la barre à l'issue des élections. L'incertitude quant à ce gouvernement et de longues discussions en vue de la formation du prochain exécutif doivent être évités. Le Voka ne cesse de répéter que le pays a besoin de gouvernements qui créent un climat favorable aux entreprises. C'est ce qu'a fait le gouvernement Michel I. Je pense au saut d'index, à la réduction des charges pour renforcer la compétitivité et à la réforme de l'impôt des sociétés. Mais il y a encore du travail. Les coûts salariaux continuent de poser problème et le taux de chômage demeure trop élevé malgré la création d'emplois."

Traduction : virginie·dupont·sprl