"Cela fait 13 ans que je travaille dans ce secteur et nous n'avons jamais mis de déchets en décharge en Wallonie. Les six derniers mois bien", déclare Wim Geens, Managing Director de Renewi Belgium. La société, née l'année dernière de la fusion de Van Gansewinkel et Shanks, est désemparée, à l'instar d'autres entreprises dans son secteur. "Il n'y a pas de problème pour nos clients industriels. Mais certains collecteurs de déchets de plus petite envergure nous demandent de traiter une partie de leurs tonnages, ce que nous sommes parfois amenés à refuser. Sur une base annuelle, nous n'avons pas de solution pour 150.000 à 200.000 tonnes de déchets industriels en Flandre."
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"Cela fait 13 ans que je travaille dans ce secteur et nous n'avons jamais mis de déchets en décharge en Wallonie. Les six derniers mois bien", déclare Wim Geens, Managing Director de Renewi Belgium. La société, née l'année dernière de la fusion de Van Gansewinkel et Shanks, est désemparée, à l'instar d'autres entreprises dans son secteur. "Il n'y a pas de problème pour nos clients industriels. Mais certains collecteurs de déchets de plus petite envergure nous demandent de traiter une partie de leurs tonnages, ce que nous sommes parfois amenés à refuser. Sur une base annuelle, nous n'avons pas de solution pour 150.000 à 200.000 tonnes de déchets industriels en Flandre."Cette situation se traduit par des coûts plus élevés en termes de stockage, de contrôles supplémentaires afin de couvrir le risque d'incendie accru et de traitement final des déchets. "Malgré nos mises en garde depuis plusieurs années, l'OVAM (la société publique des déchets de la Région flamande, NDLT) et le gouvernement flamand continuent de prôner l'autosuffisance : tous les déchets rejetés en Flandre doivent, de préférence, être traités ici."Le porte-parole de l'OVAM, Jan Verheyen, souligne qu'un certain nombre d'installations d'incinération de déchets ferment pour maintenance chaque année à cette période, ce qui entraîne un excédent, "plus important en 2018 que les autres années". Diverses raisons expliquent cette situation. La relance de l'économie entraîne une légère augmentation des déchets industriels primaires. À cela s'ajoute une nouvelle réglementation wallonne. La Wallonie a augmenté la taxation sur la mise en décharge des déchets. Résultat : davantage de déchets wallons sont envoyés vers les incinérateurs.""La Wallonie est également confrontée à un excédent de déchets", poursuit Wim Geens. Il estime qu'il s'agit au total de 300.000 tonnes pour la Belgique, bien que nous ne disposions pas de chiffres précis à ce sujet selon l'OVAM. Les déchets industriels diminuent toutefois au fil du temps : de 20,1 millions de tonnes en 2005 à 13,9 millions de tonnes en 2014. Environ un million de tonnes de ces déchets sont des déchets mixtes, qui pourraient probablement être mieux triés. À cet effet, la Flandre ambitionne de réduire la quantité des déchets industriels de 15% d'ici 2022. C'est pourquoi les entreprises sont désormais tenues de trier les plastiques durs depuis le 1er juin.Absence de stimulants "Nous sommes les victimes d'une politique qui n'a pas suffisamment stimulé l'investissement au cours des dix dernières années", affirme Werner Annaert, directeur général de Go4Circle, la fédération professionnelle des entreprises de l'économie circulaire. "Si un taux de recyclage est imposé à certains produits, on observera une demande croissante de nos matériaux de recyclage et une diminution des activités d'incinération. Malheureusement, nous ne voyons pas ce scénario se produire. Dans le même temps, le gouvernement flamand déconseille les investissements dans de nouvelles capacités d'incinération et nous assistons à la fermeture de ces installations.""Par ailleurs, il y a trop peu de contrôles", estime Wim Geens. "Sur le tri à la source, mais aussi sur la destination des déchets. Des tonnes de déchets trouvent leur voie, mais pas de la manière dont législateur l'entend. Nous devrons miser sur un meilleur tri et une meilleure exportation."Entre-temps, l'OVAM table sur une combinaison de mesures. "À court terme, nous voulons activer le stockage temporaire auprès d'un certain nombre d'entreprises, ce qui permet la mise en décharge par dérogation et réactive les permis d'exportation dans un certain nombre de dossiers. En outre, la centrale de biovapeur Bionerga à Beringen sera mise en service à la fin de l'année prochaine : elle pourra traiter 200.000 tonnes de déchets, soit le double de l'installation qui fermera à Houthalen. Enfin, nous souhaitons poursuivre les efforts, conjointement avec le secteur, dans la collecte sélective, le recyclage et l'économie circulaire."Traduction : virginie·dupont·sprl