"On a mesuré une diminution de 60% de la résistance au vent. La structure a changé. Une partie de cette structure n'existe plus, la toiture a disparu, ainsi qu'une partie de la voûte. Cet effondrement d'une partie de la voûte a causé les dommages les plus importants" pour l'équilibre du bâtiment gothique, a souligné à l'AFP M. Vannucci, qui explique avoir utilisé un modèle numérique pour procéder à des simulations.

L'ingénieur, qui avait réalisé en 2016 un rapport sur les risques d'incendie à Notre-Dame, calcule dans le magazine spécialisé "Batiactu" qu'avant l'incendie, "la vitesse des vents critiques que pouvait supporter la cathédrale était de 222 km/heure" et qu'elle "n'est plus que 90 km/heure aujourd'hui".

Il n'a pas exclu qu'"une violente tempête puisse en l'état actuel entraîner l'effondrement d'une partie du clair-étage", c'est-à-dire la rangée supérieure des murs de la nef ornée de vitraux, tout en soulignant qu'il s'agit de simples hypothèses tant que les données précises ne sont pas précisément connues sur l'état de la structure.

"Notre-Dame a réellement perdu de sa capacité de résistance. Les voûtes ont été exposées à des hautes températures, et les pierres et mortiers ont subi des dommages", ce qui fait que "la résistance en compression a été amoindrie", affirme cet expert.

La fragilisation du monument doit être évaluée sous toutes les coutures par les experts avant tous travaux. Le feu et l'eau ont eu des effets fragilisants et corrosifs qui peuvent perdurer ou se manifester à long terme. Une des priorités absolues est la mise-hors d'eau et le séchage. Le bâchage intérieur et extérieur a débuté mardi.