En 2018, la Flandre remplaçait l'indicateur jusque-là utilisé en matière d'isolation, le K, par un autre jugé plus performant. Baptisé S, pour schilpeil (niveau de l'enveloppe), ce dernier ajoute aux éléments déjà pris en compte par l'ancien indicateur des paramètres nouveaux telles l'orientation du bâtiment, sa surface vitrée, sa forme ou son étanchéité à l'air. Parallèlement, le gouvernement flamand stipulait qu'aucune nouvelle construction érigée à partir du 1er janvier 2021 ne pourrait dépasser le niveau 28 de cet indicateur, contre 31 actuellement.

La mesure va augmenter le prix des constructions neuves de 5% à 10%, a déjà prévenu Jean-Pierre Waeytens, administrateur-délégué de Bouwunie, la confédération flamande de la construction, et entraînera des effets pervers. " L'enveloppe devant résister tant au froid qu'au chaud, une part plus importante du budget devra être affectée à l'isolation du toit et des murs ainsi qu'à l'installation de doubles voire triples vitrages. Diminuer la taille des fenêtres est plus efficace. Mais qui aime habiter un bunker ? ", ironise le patron de Bouwunie pour qui ce surcoût serait plus efficacement investi en systèmes d'énergies renouvelables. En outre, observe-t-il, de nombreuses constructions quatre façades ne pourront atteindre ces normes, tant elles sont sévères. Telle est également l'opinion du CD&V qui demande un réexamen de cette norme dont le surcoût vient s'ajouter à celui, non prévu à l'époque, de la suppression du woonbonus.

Interpellée à ce sujet, Zuhal Demir, ministre flamande en charge de l'Environnement et de l'Energie, a bien dû reconnaître que certains bâtiments posaient effectivement problème. Mais la certification des nouvelles constructions formant un tout, elle a suggéré, en attendant une étude plus complète de la situation, de compenser le mauvais score sur un des paramètres par un meilleur indice sur d'autres.