Au Royaume-Uni, plus de 700 architectes ont signé le manifeste lancé en juin dernier et qui a depuis fait des émules dans une dizaine d'autres pays. En l'approuvant, les architectes témoignent publiquement de leur reconnaissance des crises environnementales qui agitent la planète et s'engagent à oeuvrer pour enrayer le dérèglement climatique et la perte de biodiversité.

"Les bâtiments et le secteur de la construction représentent près de 40% des émissions de CO2 liées à l'énergie. Ils ont par ailleurs un impact considérable sur notre environnement naturel", rappelle le document. "Pour tout qui travaille dans le secteur de la construction, un changement comportemental s'impose si nous voulons rencontrer les besoins de notre société sans dépasser les limites que peut endurer la planète."

Les signataires s'engagent en particulier à évaluer chaque projet en fonction de son impact climatique (en démêlant les "fausses promesses de durabilité"), à éviter au maximum la démolition-reconstruction, à intégrer là où c'est possible l'économie circulaire ou encore à promouvoir une utilisation raisonnée de l'espace disponible. Tout projet de construction doit être précédé d'une "réflexion sur la non-construction notamment en reliant les besoins spatiaux au patrimoine bâti existant", stipule ainsi le manifeste, qui pousse à réserver autant d'espace que possible pour le "développement d'écosystèmes".

Les auteurs du texte veulent aussi convaincre les pouvoirs publics de "soutenir les pratiques de conception régénérative" et de formuler des exigences plus strictes dans les marchés publics.

Une vingtaine de bureaux d'architecture de Bruxelles, Wallonie et Flandre ont déjà signifié leur soutien. "Une fois suffisamment de signatures collectées, architectura.be remettra le manifeste et la liste des signataires aux ministres concernés. L'idée est de solliciter une entrevue en compagnie de quelques bureaux ayant soutenu l'initiative dès le départ pour présenter les préoccupations du secteur en la matière", a précisé la plateforme créée par l'agence de communication spécialisée Palindroom.