BNP Paribas, le holding français au-dessus de la banque belge BNPP Fortis, tenait un meeting avec des investisseurs lundi dernier. Selon De Tijd, il y a été dit que la banque belge passait à la vitesse supérieure dans la création de profils clients plus détaillés. Cela conduirait à une 'politique de prix plus sélective' pour les crédits logement de BNPP Fortis. D'autres banques ont également déjà annoncé des initiatives pour la récolte de plus d'informations sur leurs clients et l'utilisation de celles-ci pour leur faire une offre personnalisée en crédits, investissements ou assurances. L'utilisation efficiente de ces informations devrait conduire à plus de profit et moins de risque pour la banque.
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BNP Paribas, le holding français au-dessus de la banque belge BNPP Fortis, tenait un meeting avec des investisseurs lundi dernier. Selon De Tijd, il y a été dit que la banque belge passait à la vitesse supérieure dans la création de profils clients plus détaillés. Cela conduirait à une 'politique de prix plus sélective' pour les crédits logement de BNPP Fortis. D'autres banques ont également déjà annoncé des initiatives pour la récolte de plus d'informations sur leurs clients et l'utilisation de celles-ci pour leur faire une offre personnalisée en crédits, investissements ou assurances. L'utilisation efficiente de ces informations devrait conduire à plus de profit et moins de risque pour la banque.Pour estimer si vous être capable de payer correctement les mensualités de votre crédit logement, la banque examine pour l'instant le rapport entre le montant emprunté et la valeur du logement (la quotité), les revenus, l'âge, l'épargne, etc. En dehors de ces critères classiques, le secteur financier recherche des informations complémentaires pour une offre sur mesure pour le client, et des données qui confirment une situation financière stable et la capacité de remboursement.Les critères les plus divers seraient déjà étudiés, notamment si vous avez une ligne de téléphone fixe. Les clients avec un numéro fixe auraient une vie plus stable et seraient par conséquent de meilleurs candidats au prêt d'argent. Le lieu du domicile - se trouve-t-il par exemple dans un quartier où vivent beaucoup de pauvres - serait également déjà pris en compte dans le calcul du risque de défaut de paiement. Il n'est pas très clair si ces exemples prévoient effectivement si une personne rembourse correctement un crédit hypothécaire. La mise en place dans la pratique n'est donc pas encore décidée, mais le secteur ne doute plus concernant le principe général: davantage d'informations des et sur les clients conduit à une offre sur mesure pour le client et à moins de risque pour la banque."Une ligne de téléphone fixe est un facteur absolument non pertinent pour nous", affirme Hans Mariën, porte-parole chez BNPP Fortis. "Beaucoup de jeunes ménages n'ont plus que des téléphones mobiles. Le processus décisionnel continuera toujours à se dérouler de manière relativement classique et les facteurs comme la quotité et les revenus restent déterminants. Ce qui est dernièrement paru dans la presse n'était en fait pas nouveau. Nous avions déjà annoncé l'an dernier que nous allions personnaliser notre offre pour les crédits. Les clients vont presque toujours dans plusieurs banques avant de souscrire un crédit hypothécaire. Notre première proposition ne répondait parfois pas aux désirs et besoins du client et il y a toujours, dans ce cas, le risque que ces personnes optent pour une autre banque.""En dressant mieux ces profils clients, nous désirons faire en sorte à ce que notre première offre soit directement la bonne. L'augmentation des marges sur les crédits hypothécaires joue en effet également un rôle, maintenant que les taux d'intérêt sont historiquement faibles. Mais il s'agit surtout de l'amélioration de notre offre commerciale. La nature des nouveaux facteurs que nous introduisons dans le calcul fait partie de notre cuisine interne", précise Mariën. "Mais c'est lié à la personnalisation de la proposition. La première étape, celle où nous décidons si une personne peut obtenir un crédit chez nous, se déroulera toujours en toute transparence. Les gens reçoivent toujours un motif pour lequel ils ne sont pas éligibles pour un crédit logement par exemple. Le secteur financier expérimente la réalisation, par des conseillers-robots, de propositions d'investissements sur mesure aux clients. L'octroi entièrement automatisé de crédits ne se fait pas en Belgique. "Ce n'est pas légal", explique Willem Debeuckelaere de la Commission vie privée. "La loi interdit par exemple l'octroi automatique d'un crédit logement. Également dans le cadre du GDPR (une importante réforme européenne de la vie privée qui sera d'application l'année prochaine, ndlr), cela reste interdit. Un employé de la banque en chair et en os prendra donc toujours la décision d'octroyer oui ou non un crédit à une personne et à quelles conditions. Je pense aussi que le secteur n'a pas encore décidé quelles informations seront traitées par logiciel. Il y a toujours le risque d'approximation, de critères qui sont en fait peu prévisibles.""Les algorithmes joueront certes un rôle plus important dans les services des banques et des assureurs. Quasi tous les secteurs essaient d'automatiser leurs processus par l'analyse du 'big data'. En début d'année, la Commission vie privée publiait un rapport à ce sujet, avec les principes auxquels nous devons faire attention. La transparence est par exemple importante. Une personne devrait par exemple savoir quels sont les facteurs qui ont un impact sur le taux de son crédit. Les entreprises peuvent se protéger par le secret commercial, la nouvelle législation européenne le permet également. Mais la Commission vie privée doit dans ce cas y avoir accès. La société ne doit pas communiquer la formule, mais il y a dans ce cas tout de même un peu de surveillance sur la manière dont ces algorithmes fonctionnent. Et si ces données sont collectées correctement."