Knokke-Heist est en proie à une frénésie constructrice. Mijotés ces dernières années, divers chantiers ont été lancés ou le seront prochainement, dans des secteurs très différents. Budget ? Un total de 1,2 milliard d'euros, assumé presque entièrement par le privé. Côté timing, Léopold Lippens, bourgmestre de la station balnéaire, avance la fin de la législature actuelle pour les projets les plus aboutis, tout au plus une dizaine d'années pour les autres.

COMMUNITY HOUSE. Cette construction en hauteur, l'une des rares autorisées par la commune, remplacera l'hôtel de ville situé sur la Maes en Boereboomplein. © JAKOB+MACFARLANE

1. Logement. Assister à la sortie de terre de quartiers entiers, cela n'arrive pas tous les jours. A Knokke, le spectacle se répète. Entre 2000 et 2004, la première phase de la cité-jardin Heulebrug a fleuri. Le programme, développé sur un terrain de 22 ha situé derrière la gare de Heist, est l'oeuvre de l'un des maîtres incontestés du New Urbanism, le bureau américain DPZ (pour Duany Plater-Zyberk), en étroite collaboration avec l'architecte luxembourgeois Leon Krier. Soit non moins de 387 logements " abordables " - moins onéreux que le reste du marché, à tout le moins - cédés en priorité aux résidents knokkois. Porté par la commune et la West-Vlaamse Intercommunale (WVI), le projet compte deux autres phases, dont la seconde est en cours de réalisation. Les travaux de voirie et autres infrastructures, entrepris en 2015, sont en passe d'être achevés, tandis que la commercialisation des 371 nouveaux logements a remporté un franc succès : " tout est vendu ", se félicite Léopold Lippens. Budget ? A partir de 280.000 à 350.000 euros pour une maison " standard " et 360.000 à 400-500.000 euros pour " les plus belles ", comptant quatre à cinq chambres et deux garages, avec vue sur champs, indique l'élu, ajoutant que les acquéreurs sont pour 90 % des jeunes ménages originaires de la commune. " Un projet similaire d'environ 350 logements verra le jour à Knokke d'ici trois ans ", précise-t-il.

Deuxième grand chantier, celui de Duinenwater, qui s'étend sur 38 ha (en ce compris les 12 ha du lac de Cloedt) derrière la gare de Knokke. Fruit d'un partenariat public-privé entre la commune et le promoteur Van Wellen, le nouveau quartier de 384 logements compte aussi une maison de repos et de soins, une résidence-services et un pôle loisirs pour les jeunes. Celui-ci comprend une piscine - "une des plus belles d'Europe", selon Léopold Lippens, résultat d'un investissement de quelque 20 millions d'euros consenti par la commune - , un club de sports nautiques, une auberge de jeunesse, un bowling et une boîte de nuit. Un volet commercial est attendu en deuxième et troisième phases, de même que le second golf de la commune, dont le développement a été confié au promoteur Ghelamco. Débutés voici quatre ans, les travaux suivent leur cours, le site prenant forme jour après jour.

2. Equipements et services. Juste à côté du projet Duinenwater, le chantier de la nouvelle clinique est, lui, terminé. Le complexe hospitalier sera opérationnel dès 2017. " La commune n'est pas intervenue dans le projet, qui pèse tout de même 250 à 300 millions d'euros ", ponctue le bourgmestre. Voisin également, le nouveau funérarium, financé sur fonds privés et jouxtant le cimetière. Tandis que l'héliport sera déplacé " un peu plus loin " pour faire de la place aux projets en cours. Le long de l'avenue de la Nation, à la sortie de Knokke, la commune prévoit également la construction d'un centre de police et d'une caserne de pompiers. Dont coût : environ 30 millions d'euros, à ses frais.

Le projet le plus emblématique est celui de la Community House, imaginée par le bureau d'architecture parisien Jakob+MacFarlane. Comptant parmi les rares constructions en hauteur autorisées par la commune, celle-ci viendra remplacer l'hôtel de ville sur la Maes en Boereboomplein. Le projet, résolument moderne, préfigure une tour mixant les fonctions publique, commerciale, résidentielle (85 appartements) et récréative dans une orgie de couleurs vives. L'agenda n'est pas encore fixé, Léopold Lippens se bornant à évoquer les " années à venir ".

AZ ZENO. Le complexe hospitalier, dont le chantier est terminé, sera opérationnel dès 2017. © JAKOB+MACFARLANE © JAKOB+MACFARLANE

Dans la même veine, l'architecte néerlandais Willem Jan Neutelings, du bureau Neutelings-Riedijk - à qui l'on doit le MAS, à Anvers -, mène, sur le site formé par la Heldenplein et Elizabethlaan, trois projets qui " donneront un nouveau punch à Heist ". L'idée est notamment d'ériger une tour à appartements convexe de 20 étages pour fermer la Heldenplein réaménagée.

3. Loisirs et tourisme. Le centre d'entraînement du Molenhoek, à Westkapelle, fief officiel du FC Bruges depuis trois ans, se prépare à changer de visage. Un bâtiment administratif y sera élevé et les installations actuelles, remaniées. Le tout pour la somme de 10 millions d'euros, insufflée par le club de football brugeois. Plus proche de la digue, à Heist, le chalet suisse du Willemspark sera détruit pour faire place à un club de tennis flambant neuf. A l'extrémité ouest du petit parc, l'ancienne piscine communale sera réaffectée en un hôtel avec vue sur mer. " Nous étudions aussi la possibilité d'ouvrir du foncier pour l'accueil d'événements équestres et pour un terrain de polo ", ajoute l'élu.

© DPZ

Mais le chantier le plus important est celui du casino knokkois, amené à être rasé. Un projet dont il est question depuis une dizaine d'années déjà, pour lequel un concours international d'architecture (2004) a été lancé et remporté par l'architecte américain Steven Holl. Depuis, le plan présenté par ce dernier, impliquant notamment une tour en forme de voile culminant à 120 mètres de haut, a été abandonné. Trop coûteux (125 millions d'euros, dont la commune ne voulait pas financer un centime), timing peu propice. Un autre projet est en cours d'élaboration. Il impliquera un hôtel de 300 à 400 chambres, couplé, au rez-de-chaussée, à 5.000 m2 de salles de congrès et, en sous-sol, à un parking de 800 voitures. De quoi assurer à Knokke une part appréciable du marché des MICE (meetings, incentives, conferencing, exhibitions), espère Léopold Lippens. A noter qu'il est aussi prévu d'y installer le nouveau casino. " La concession du casino tombe à échéance en 2017, souligne l'élu. Nous devons donc trouver un nouveau concessionnaire et, fin de cette année, début de l'année prochaine, nous pourrons lancer toute l'opération du nouveau casino. C'est le seul projet qui n'est pas encore tout à fait dans le pipeline. " La salle peinte par Magritte en 1953 (Le Domaine enchanté) sera bien entendu préservée, étant classée.

4. Environnement. Acquis par la Région flamande en 2006, le Zwin était encore récemment en proie à de grands travaux de réaménagement réalisés par la province, qui y a injecté 25 millions d'euros. Le voilà à nouveau ouvert au public. Son extension, en cours, augmentera sa valeur écologique et sera terminée en 2019, assure Léopold Lippens.

5. Mobilité. L'aménagement de l'A11, la nouvelle autoroute de 12 km reliant Bruges à Knokke, est en pleine exécution. Elle sera livrée en 2017. L'avenue de la Nation n'est pas en reste. Elle sera transformée en boulevard vert et parsemée de six ou sept rond-points. De quoi révolutionner l'accès à Knokke.

La mobilité douce n'est pas oubliée : les gares de Knokke et de Heist (celle-ci ayant été rachetée par la commune) vont être complètement modernisées. La première reculera même d'une cinquantaine de mètres. Des travaux qui verront aussi l'élévation d'un bâtiment marquant l'entrée de Knokke, assorti d'un rond-point et d'un souterrain qui partira de la gare vers l'avenue Lippens, de façon à ce que cyclistes et piétons puissent circuler librement.

Chantier plus modeste, la digue de Heist sera élargie de six mètres pour en augmenter l'ensoleillement.

6. Industriel. Implantée près de Westkapelle, la zone industrielle sera étendue de cinq hectares. Un projet porté par la commune.

Le 16 octobre prochain se tiendra la quatrième édition de l'exposition bisannuelle " 8300 ", présentant en détails l'ensemble des projets immobiliers de Knokke-Heist. Elle prendra ses quartiers au Centre culturel knokkois pendant un mois et demi.