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Les années se suivent et se ressemblent pour Matexi. Le développeur immobilier belge dévoile pour la troisième année consécutive des chiffres à la hausse en matière de vente d'habitations en Belgique. Avec 1.516 maisons et appartements vendus en 2016, Matexi atteint même un sommet encore jamais égalé dans le paysage immobilier belge. Le fruit d'un virage effectué au début des années 2000 en passant de l'aménagement de banals lotissements à la re-conversion de chancres urbains. Tour d'horizon avec le CEO de Matexi, Gaëtan Hannecart. GAËTAN HANNECART. Il correspond à un business plan établi il y a déjà quelques années. Les ventes sont passées de 842 habitations et appartements en 2013 à 1.085 en 2014, pour atteindre ensuite 1.323 en 2015 et 1.516 en 2016. Le nombre d'habitations vendues a donc augmenté de 80 % par rapport à 2013 ! Avec un chiffre d'affaires qui a atteint 310 millions d'euros l'an dernier. C'est le résultat de notre stratégie de redéveloppement intra-urbaine. Nous avons bien travaillé un peu partout. Seules les provinces de Namur et du Hainaut ont un peu moins bien performé. Mais nous raisonnons plutôt en termes de marchés logements-emplois et préférons une analyse quartier par quartier et projet par projet plutôt que par province. Nous constatons en tout cas une forte croissance à Bruxelles et dans nos marchés étrangers à Varsovie et au grand-duché de Luxembourg. Il est évident que cela a une influence. Les taux hypothécaires sont particulièrement intéressants. Par contre, le pouvoir d'achat est plombé par une taxation excessive. C'est sur cet aspect que les gouvernements fédéral et régionaux doivent travailler. Il n'est pas normal d'avoir une fiscalité immobilière aussi élevée, avec une TVA à 21 % et des droits d'enregistrement avoisinant 10 % pour un besoin primaire qu'est le logement. Pour faire face à la hausse démographique et à l'amélioration de la qualité énergétique des bâtiments, il est important que les redéveloppements urbains restent abordables et puissent s'exécuter dans de bonnes conditions. Il y a aujourd'hui une profonde injustice en Belgique entre la rénovation (TVA à 6%) et la construction (TVA à 21%). Les politiques favorisent nettement la rénovation. Or, il faudrait encourager et soutenir bien davantage la démolition/reconstruction. Cela passe par une baisse de la TVA à 12 % pour les travaux de démolition et de reconstruction. Cela permettrait de construire davantage à des coûts moindres et, surtout, d'avoir des bâtiments bien plus efficients sur le plan énergétique que ne pourrait jamais l'être une rénovation. Notre parc de logements est l'un des plus vieux d'Europe. Ce n'est pas normal. De nombreux chantiers devraient sortir de terre. Des projets qui devraient nous permettre de poursuivre notre croissance. L'accent sera toujours mis sur la re-conversion urbaine. Créer des quartiers urbains et mixtes, c'est vraiment l'avenir. On devrait notamment beaucoup parler cette année du Léopold Views (Evere), Quartier Bleu (Hasselt), Faubourg de Namur (Nivelles), 4 Kouterdreef (Gand) ou encore du Tivoli (La Louvière). Enfin, nous souhaitons aussi nettement accentuer notre présence à Bruxelles. Ce sera un de nos prochains défis.Propos recueillis par Xavier Attout.