Le vocabulaire politique est d'une suave subtilité. " Pas d'impôts nouveaux " ne signifie aucunement que certains avantages ne seront pas rabotés. La suppression au 1er janvier prochain du woonbonus, cette réduction d'impôt qui court parallèlement au crédit hypothécaire contracté pour l'acquisition d'une première habitation, passe d'autant plus mal qu'elle n'avait été annoncée par aucun parti. Elle peut pourtant faire perdre à un couple emprunteur quelque 37.500 euros sur 25 ans pour l'achat d'un logement d'une valeur de 250.000 euros. Certes, en échange, les droits d'enregistrement seront ramenés de 7% à 6%. Mais cette dernière mesure est loin de compenser l'argent potentiellement perdu.

On a donc cru que l'information allait susciter une subite ruée sur l'immobilier durant les derniers mois de 2019. Ce ne sera pas le cas, au contraire. Car acheter précipitamment un bien immobilier risque de coûter cher : les droits d'enregistrement sont en effet dus dès la signature du compromis de vente, c'est-à-dire cette année encore tandis que l'acte définitif risque de n'être passé que l'année prochaine, lorsqu'il n'y aura plus de bonus logement.

D'où une fronde naissante... Face à celle-ci, le ministre-président Jan Jambon a promis une solution et se justifie. Tous les spécialistes, explique-t-il, sont d'accord sur ce point : le bonus logement possède comme effet pervers de tirer les prix vers le haut. Selon lui, il faut avoir le courage d'y mettre fin car, à terme, cette mesure devrait faire baisser le prix de l'immobilier en Flandre. L'exemple bruxellois où le bonus logement a disparu depuis le 1er janvier 2017 n'incite guère à l'optimisme mais, pour le ministre-président, " l'expérience est trop récente pour déjà en tirer des conclusions ".