Interrogé sur la radio RMC, le président de l'Assemblée de Corse a précisé qu'il s'exprimait en tant que membre de son mouvement indépendantiste, Corsica Libera. Il s'appuie sur une délibération votée par cette assemblée en 2014, avant l'élection de la majorité nationaliste.

Selon cette délibération, qui ne peut pas être appliquée dans le cadre juridique français actuel, les achats immobiliers sur cette île renommée pour ses paysages sauvages et ses eaux cristallines sont réservés aux acheteurs qui justifient "de cinq ans de résidence à titre permanent", avec une dérogation pour "les Corses vivant à l'extérieur de l'île", a souligné le leader indépendantiste.

"Il n'est pas question d'aller chercher l'origine des personnes et des acheteurs, mais de lutter contre la spéculation immobilière", a-t-il assuré.

"Cette délibération doit être respectée et (...) dans l'avenir", si le contexte juridique français change et le permet, "Corsica Libera militera pour l'expropriation de ceux qui ont acheté des biens immobiliers en contravention avec cette volonté de l'Assemblée de Corse".

Potentiellement explosive dans le contexte corse, la proposition de M. Talamoni doit permettre selon lui, de faire baisser les prix de l'immobilier car "aujourd'hui les Corses ne parviennent plus à se loger". "Si on n'agit pas rapidement sur la demande, plus aucun Corse ne pourra rester en Corse. C'est absolument mécanique, nous sommes chassés par la force de l'argent et c'est inacceptable".

Ces dernières semaines, Corsica Libera a publié un tract sur le sujet, pour "prévenir solennellement les acheteurs étrangers à la Corse", ainsi que "l'ensemble des professionnels" de l'immobilier , du caractère "extrêmement risqué" des acquisitions par des non-résidents.

"N'écoutez pas ceux qui vous disent que l'acquisition est sûre en l'état du cadre légal actuel", ajoute-t-il. "Nous engagerons dès que nous en aurons la possibilité une démarche d'expropriation de tous les biens immobiliers acquis en Corse depuis le 24 avril 2014", et qui ne respecteraient pas les conditions de la délibération qui avait été prise.