Pendant une centaine d'années, l'édifice emblématique au coin de la rue de la Régence et du quai Sur-Meuse à Liège a été connu des Liégeois comme un bureau de poste. Situé en bord de Meuse, l'énorme édifice classé est désormais en pleine transformation en vue de devenir l'un des lieux emblématiques du numérique liégeois. La Grand Poste de Liège était à l'abandon depuis une vingtaine d'années et les projets se sont succédé : hôtel, casino, hall alimentaire, etc. Mais ils n'ont jamais abouti. Jusqu'à ce qu'en 2017, Meusinvest (désormais appellée Noshaq) devienne co-actionnaire, avec le groupe BPI notamment, du bâtiment et décide d'en faire un point central de sa stratégie de redéploiement de la ville de Liège et plus particulièrement du quartier Grand Léopold, régulièrement évoqué comme le " district créatif " de la ville. " La Grand Poste doit devenir le totem d'entrée des entreprises numériques dans la ville de Liège ", lance Gérôme Vanherf, directeur de programme de Leansquare et responsable du nouveau développement de la Grand Poste. Ce projet multi-forme réservera, en effet, la part belle, à l'univers grouillant des start-up.

Dans les 8.000 m2 réaménagés de la Grand Poste, viendront, en autres, s'installer les différents incubateurs et fonds d'investissement liégeois.

Gros focus sur la techno des médias...

Dans les 8.000 m2 réaménagés, viendront, en effet, s'installer les différents incubateurs et fonds d'investissement liégeois : Leansquare, l'opérateur du lieu, et le VentureLab (écosystème de soutien aux projets entrepreneuriaux d'étudiants) établiront leurs quartiers dans la nouvelle Grand Poste qui ambitionne, par ailleurs, d'attirer des labos d'innovation de grandes boîtes corporate et de PME. Pas moins de 150 places de coworking seront également disponibles pour les jeunes pousses innovantes qui gravitent dans l'écosystème liégeois. Et, forte des spécialisations que Leansquare est en train de développer, les thématiques MusicTech et MediaTech devraient être assez bien représentées dans le bâtiment.

D'ailleurs, la faculté de journalisme de l'ULiège ainsi que tout le département communication de l'université poseront leurs bagages dans quelque 1.500 m2 de la Grand Poste.

Newsroom © photos : pg

Les étudiants y disposeront de salles de cours mais également de studios green key ou blue key, de salles de podcast, etc. De quoi mettre en pratique les projets " nouveaux médias " des étudiants qui seront également amenés à côtoyer des professionnels de l'information et de la communication. En effet, les initiateurs du projet Grand Poste sont en train de nouer des partenariats avec des groupes de presse, eux-mêmes, à la recherche de compétences et de débouchés dans les nouvelles technologies. " Dans tout ce qu'on développe, on essaie d'avoir une approche 'lab', détaille Gérôme Vanherf pour qui les tests grandeur nature deviennent un développement clé dans l'approche Grand Poste. Nous essayons, à chaque fois que c'est possible de nouer des partenariats qui laissent la part belle à l'expérimentation et donc à l'innovation. "

... et sur la bière

Un autre volet du projet s'articule autour d'une vaste zone de restauration. La Grand Poste disposera d'un food court de 1.000 m2, soit environ 150 places assises, ouvertes aux quelque 400 personnes qui devraient travailler quotidiennement sur place, mais aussi au grand public. " Pour lever les barrières qui empêcherait le grand public de pénétrer dans un espace comme celui-là, le food court est une bonne porte d'entrée ", note Gérôme Vanherf. Cet espace de restauration comprendra huit échoppes de nourriture, en circuit court, qui " seront accueillies sur le business model des festivals ", indique le responsable : pas de loyer pour le gérant mais un pourcentage dû sur le chiffre d'affaires, avec un minimum à atteindre. Et là encore, l'angle " labo " sera développé.

Leansquare © photos : pg

Le projet comprendra aussi une brasserie artisanale, dont les imposantes cuves ont été placées en sous-sol de la Grand Poste avant l'été passé, alors que les travaux permettaient encore leur installation. L'objectif ? Produire pas moins de 10.000 hectolitres annuels qui alimenteront l'espace restauration, des bières qui pourront par exemple être testées et approuvées par le public du food court... Un food court qui se voudra également 100% sans cash : les clients devront payer de manière électronique et se présenter aux points de restauration en présentant un QR code.

Event © photos : pg

Le projet ne manque pas d'ambition. L'investissement consenti par les partenaires pour redonner vie à l'emblématique édifice néogothique s'élève tout de même à 23 millions d'euros couvrant l'achat du lieu et le montant des rénovations. Le chantier, en cours depuis de nombreux mois, n'est pas des plus simples. Certaines parties du bâtiment sont, en effet, classées et des artisans sont sollicités pour redonner le cachet d'antan à certains endroits. Le business model de la Grand Poste, de son côté, se veut " diversifié, insiste le directeur du projet. Les revenus viendront du coworking, de la brasserie, du food court, etc. ". Bien sûr, la location d'espaces constituera l'essentiel des revenus mais " ce qu'on vend n'est pas du mètre carré, précise Gérôme Vanherf. On vend l'accès à la communauté, les événements, l'animation, etc. ". A ce stade, les responsables de la Grand Poste n'annoncent pas encore la date d'ouverture du nouveau totem liégeois. Mais, si tout se passe comme prévu, il se dit que l'apéro d'inauguration se fera, durant l'été, sur la grande terrasse de 200 m2 installée sur les toits...